mercredi 30 juillet 2008

Romains 1,8 à 15

Texte biblique

Je rends d’abord grâces à mon Dieu par Jésus–Christ, au sujet de vous tous, de ce que votre foi est renommée dans le monde entier. Dieu, que je sers en mon esprit dans l’Evangile de son Fils, m’est témoin que je fais sans cesse mention de vous, demandant continuellement dans mes prières d’avoir enfin, par sa volonté, le bonheur d’aller vers vous. Car je désire vous voir, pour vous communiquer quelque don spirituel, afin que vous soyez affermis, ou plutôt, afin que nous soyons encouragés ensemble au milieu de vous par la foi qui nous est commune, à vous et à moi. Je ne veux pas vous laisser ignorer, frères, que j’ai souvent formé le projet d’aller vous voir, afin de recueillir quelque fruit parmi vous, comme parmi les autres nations ; mais j’en ai été empêché jusqu’ici. Je me dois aux Grecs et aux barbares, aux savants et aux ignorants. Ainsi j’ai un vif désir de vous annoncer aussi l’Evangile, à vous qui êtes à Rome.
Analyse : Relations de Paul avec les chrétiens de Rome
A) La prière de Paul pour ses frères : une louange à Dieu

1) Je rends d’abord grâces… : v 8

C’est une habitude chez l’apôtre Paul de toujours commencer les lettres qu’il adresse à ses frères en Christ par ce qui le réjouit dans leurs vies. Ici il loue Dieu pour le témoignage des ses frères de Rome et leur foi réputée dans le monde entier (Rome était alors le centre du monde civilisé).

Paul aura la même attitude envers :
- les corinthiens : 1 Cor 1,4 à 6 malgré les divisions, les péchés et le désordre qui régnaient dans leur assemblée : 1 Cor 1,10 ; 5,1 ; 11,21 ; 14,40
- les éphésiens : Ephés 1,15-16
- les philippiens : Phil 1,3-5
- les colossiens : Col 1,3 à 5
- les thessaloniciens : 1 Thes 1,2-3

La seule église où il s’en abstiendra sera celle des galates qui s’étaient détournés du fondement de l’Evangile (le salut par la foi en la grâce suffisante de Dieu révélée en Christ) pour ajouter à la foi la nécessité d’observer les ordonnances de la loi : Gal 1,6-7 ; 3,2-3.10 ; 5,4-6. Pour Paul, une déviation doctrinale touchant le cœur du message de l’Evangile est plus grave au sein d’une assemblée que les faiblesses et les péchés des croyants.

Cette coutume de l’apôtre Paul doit aussi devenir la nôtre. C’est un principe nécessaire à suivre si nous voulons, dans l'église, que l'amour fraternel devienne une réalité grandissante. Voir positivement mes frères et sœurs en Christ, c’est :
- être reconnaissant pour chacun d’eux : v 8 : pour vous tous : ceux que j’apprécie et ceux que j’apprécie moins ; ceux avec qui j’accroche et les autres
- estimer ce qui en eux glorifie Dieu et est le résultat de Sa grâce : 1 Cor 1,4 : nous pouvons toujours voir ce qui manque ; mais pensons à ce que serait notre frère sans la grâce !
- leur faire part de ce que j’apprécie en eux : Phil 1,3 à 5.8
L’exhortation fraternelle nécessaire est toujours mieux reçue quand elle a été précédée par les preuves de l’amour et de l’appréciation.

2) Je désire vivement vous voir : v 11

Un autre test concernant l’amour fraternel est la réalité de la place qu’occupent mes frères dans mon cœur et mes prières. La manière dont j’intercède pour mes frères est le reflet de la préoccupation que j’ai à leur égard : v 9 et 10. Notons ici les termes employés par Paul pour décrire les sentiments qui animent son cœur pour ses frères de Rome qu’il n’avait pourtant jamais vus : toujours : v 9… continuellement.. ; enfin : v 10… je désire vivement : v 11.

B) Raisons du désir de Paul d’aller à Rome : elles sont triples :

1) Leur communiquer ce qu’il avait reçu du Seigneur pour les affermir : v 11 :

Paul connaissait ses dons, son ministère et la mission qu’il avait reçue du Seigneur : Gal 1,16 ; 2,7-9 ; Eph 3,1.8 ; 1 Thes 2,16 ; 1 Tim 2,7 ; 2 Tim 1,11 ; 4,7. Lorsque Dieu nous a qualifié et confirmé dans une place, nous ne devons avoir ni fausse honte, ni orgueil pour occuper cette place que Dieu nous a donné : Actes 15,6-7 ; 1 Cor 4,14 à 16. Nous avons autant besoin de libération de la part de Dieu pour notre timidité que notre vanité dans Son service : 2 Tim 1,6-8 ; 3 Jean 9-10. L’humilité devant Dieu consiste à occuper juste la place qu’Il a prévu pour soi, ni plus, ni moins : Mat 3,13-15… et à savoir s’effacer lorsqu’un plus grand que soi arrive : Jean 1,35-36 ; 3,25-27.30-31 ; Actes 11,25 ; 12,25 : Barnabas et Saul ; Actes 13,46 ; 14,1 : Paul et Barnabas…

« Chaque fois qu’un certain nombre d’ouvriers du Seigneur se rassemblent, un certain ordre spirituel se met aussitôt en place. L’ouvrier du Seigneur doit savoir qui est au-dessus de lui. Certains n’obéissent pas aux autorités, parce qu’ils en ignorent jusqu’à leur existence. Nous ne devons pas tant nous soucier de ce qui est bon ou mauvais, mais plutôt de l’autorité qui est placée au-dessus de nous. Une fois que nous avons pris connaissance des personnes auxquelles nous devons être soumis, nous trouvons facilement notre place dans le corps. » W. NEE : l’autorité spirituelle : page 22.

2) Etre édifié par ses frères : v 12 :

Aussi ancien dans la foi ou brillant dans la connaissance soit un frère, il peut toujours recevoir et apprendre des autres. Paul avait la vision de l’Eglise comme d’un corps : 1 Cor 12,27. Dans cette perspective, Paul savait :
- que chaque membre avait sa place propre et utile pour l’ensemble : 1 Cor 12,15 à 20
- que chaque membre a besoin de l’autre pour son propre bien : 1 Cor 12,21 :
. personne donc dans la foi n’est suffisant à lui seul
. nous ne nous concurrençons pas, mais nous nous complétons : v 22
. nous ne nous dominons pas, mais nous nous aidons mutuellement
. notre valeur n’est pas dans l’importance du rôle, mais dans l’utilité de notre fonction : v 22 à 24 : pensons au rôle du petit doigt de la main pour le pianiste et du pied pour le coureur
- que chaque membre est lié à l’autre dans ce qu’il vit : v 26

3) Annoncer l’Evangile à Rome : v 15 :

Le désir de Paul d’annoncer l’Evangile à Rome avait une double raison :

- En tant que sauvé, Paul concevait l’évangélisation comme un devoir, une dette d’amour qu’il avait envers tous ses prochains, quelle que soit leur origine : v 14 ; 1 Cor 9,16. L’évangélisation est, à ses yeux , l’accomplissement littéral du second commandement de la loi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même : Matth 22,37 à 39. Cp 2 Rois 7,3 à 9
- En tant qu’apôtre des païens, Paul n’avait qu’une envie : mettre au service de Dieu et de l’Evangile ses dons reçus pour participer à l’évangélisation de la plus grande cité païenne de l’époque : Rome. Ce n’est cependant pas pour rien que Dieu contraria le désir de l’apôtre : v 13. Il l’obligea ainsi à rédiger son épître qui, plus que sa visite à Rome, contribua à l’évangélisation et au salut historique des non-juifs (cf la Réforme). Dieu peut ainsi faire parfois plus par nous au travers d’un non que d’un oui !

A Lui soit la gloire dans le monde et dans l’Eglise pour tous les siècles !

1 commentaires:

Jean louis a dit…

Dans la phrase de Rm 1, 9 : « Λατρευω (θεω) εν τω πνευματι μου εν τω ευαγγελιω του υιου αυτου » [Je rends un culte (à Dieu) dans l’esprit de moi dans l’Evangile du Fils de lui], je me demande comment il faut entendre l’expression « εν τω πνευματι μου » [dans l’esprit de moi].

Est-ce une expression inutile, qui n’apporte aucune harmonique supplémentaire à la phrase ? Ou bien faut-il comprendre qu’à l’époque où cette épître a été écrite, entre 55 et 58, les chrétiens dont faisait partie saint Paul n’avaient pas encore pris l’habitude de se réunir, de célébrer de offices, de prier ensemble, leur vie intérieure restant purement individuelle ?

Qu'en pensez-vous ? Merci.