mercredi 30 juillet 2008

Romains 1,16-17

Texte biblique :

Car je n’ai point honte de l’Evangile : c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec, parce qu’en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit : Le juste vivra par la foi.
Analyse :
A) Définition de l’Evangile : v 16

1) Son expression :

C’est une puissance de Dieu :

a) par le message dont il est l’objet : 1 Cor 1,18 : le message de la croix

La croix apparaît en effet comme l’élément central de la prédication des apôtres : Actes 2,36 ; 4,10 ; 10,39, l’événement par lequel le Saint-Esprit rend les hommes conscients de leur culpabilité et les amène à la foi : Actes 2,37-38. La prédication du Christ crucifié pour et en raison de nos péchés doit donc être et rester au centre de notre message : c’est le cœur même de l’Evangile : 1 Cor 1,22 à 24 ; 15,3. Nous n’avons pas prêché ou annoncé l’Evangile dans son intégralité si nous n’avons pas placé nos auditeurs devant la réalité des causes et des conséquences de la mort de Jésus, le Seigneur, pour eux : Actes 2,36

b) par la portée des évènements qu’il relate :

La prédication de la mort par crucifixion du Christ n’aurait aucune puissance si cette mort n’avait pas été suivie par Sa résurrection . C’est la résurrection de Jésus trois jours après Sa mort qui en fait un événement hors du commun et de haute signification spirituelle. Cette résurrection atteste :
· la Divinité de Jésus, le fils de David selon la chair : Rom 1,4 ; Col 2,12
· la culpabilité des hommes responsables de Sa mort : Actes 2,36
· la valeur éternelle pour tous les hommes et pour tous les temps du sacrifice accompli : Héb 7, 26-28
· le caractère définitif et irréversible de la victoire remportée par le Christ : Héb 10,12-13 ; Jean 12,31-32
C’est pourquoi, dans la prédication de l’Evangile, le fait de la mort de Christ est toujours accompagné de celui de Sa résurrection sans lequel il n’aurait ni sens ni valeur : Actes 2,32 ; 4,10 ; 10,39-40 ; 1 Cor 15,3-4 ; 2 Cor 13,4 .

2) Son but :

C’est une puissance de Dieu pour le salut. Le salut de l’homme est ainsi le sujet central de l’Evangile : Actes 13,26 ; Eph 1,13 , la cause première de la venue du Christ dans ce monde, de Sa mort et de Sa résurrection : Jean 3,16-17 ; 1 Tim 1,15 ; 1 Jean 4,14. Ce salut apporté par Jésus-Christ :
- a sa source unique dans la grâce de Dieu : Tite 2,11 ; Ephés 2,8 : en dehors de toute œuvre ou acte méritoire de l’homme
- a sa base dans le pardon par Dieu en Christ des péchés du monde : Luc 1,77 ; Jean 1,29

Dans le langage biblique, 4 termes expriment l’œuvre du salut accomplie par le Christ pour les hommes pécheurs :
· la propitiation : Rom 3,25 ; 1 Jean 2,2 ; 4,10 : il signifie que Jésus est le recours proposé par Dieu à une humanité coupable et placée sous le coup de Sa colère
· la rédemption : Rom 3,24 ; Eph 12,7 ; Col 1,14 ; Héb 9,12 : le mot biblique rédemption contient l’idée « d’achat » ou de « rachat » soit sous forme d’acquisition, soit sous celle de rançon. Il suggère ainsi le prix qu’a du payer le Fils de Dieu pour qu’ait lieu la libération des pécheurs que nous étions : cf Marc 10,45 ; Apoc 5,9
· la justification : Rom 3,26. C’est le thème même de l’Evangile, le terme le plus souvent utilisé pour nous expliquer en quoi consiste notre salut : Rom 4,25 à 5,1 ; 8,30-33 ; 10,4 ; Gal 2,16. La justification est l’action miséricordieuse de Dieu qui accorde aux pécheurs coupables une justice gratuite en les acquittant au tribunal céleste sans que soit cependant porté le moindre préjudice aux exigences de Ses droits.
· la réconciliation : Rom 5,10 ; 2 Cor 5,18 à 21. La réconciliation est la conséquence directe de la justification. Elle exprime la nouvelle relation personnelle que nous entretenons maintenant avec le Père.

« Il n’y a de salut en aucun autre nom que celui de Jésus-Christ, dira l’apôtre Pierre. Car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés : Actes 4,12. » Comment échapperons-nous donc si nous négligeons un si grand salut ? Héb 2,3

3) les conditions de sa réception :

C’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. Même si le Juif était prioritaire à cause de tous les privilèges dont il a été l’objet : Rom 9,4-5, tous les hommes sont concernés et englobés par le plan de salut de Dieu en Christ. L’Evangile doit donc être prêché à toute nation : Mat 28,19 ; Actes 1,8 et même à toute créature : Marc 16,15 ; Col 1,23.

La condition pour y avoir accès est unique pour tous : c’est la foi. Croire est plus que connaître ou savoir : Jac 2,19. C’est adhérer aux vérités et s’approprier personnellement les promesses contenues en Christ et dans l’Evangile : Rom 10,17 ; Actes 10,43 ; 13,39 ;16,31. Croire, c’est accepter, prendre, recevoir sans autre tout ce que, dans Sa richesse, Dieu me donne en Christ : Jean 1,12.

B) Thème de l’Evangile : v 17 :

En Lui se révèle la justice de Dieu. Notons que le premier sujet de l’Evangile n’est pas l’amour, mais la justice de Dieu. L’amour de Dieu existe dans l’Evangile ; il ne révèle seulement toute sa dimension que dans le cadre de Sa justice : Rom 5,6 à 9. Prêcher l’amour de Dieu en Christ sans aborder le problème du péché et de la justice, c’est vider l’Evangile du sujet principal de son contenu. C’est finalement prêcher un faux évangile : 1 Cor 15,1-2.

Le message essentiel que l’Evangile proclame est que l’unité n’est possible entre Dieu et l’homme que sur le fondement de la justice. La justice et l’équité sont la base du règne et du trône de Dieu : Ps 89,15 ; 97,2 ; 45,7. Dieu aime la justice par dessus tout : Ps 45,8, une justice qui, chez Lui, atteint des sommets : Ps 71,19. La grande question qui se posait à Dieu, après l’entrée du péché dans le monde, était la suivante : comment rendre l’homme juste tout en respectant sans les affaiblir les droits de la justice ? Ou comment tout en restant juste, condamner le péché tout en sauvant le pécheur ? L’Evangile nous révèle comment en Christ Dieu à trouver la solution parfaite à ce dilemme : Rom 3,23 à 26

L’acceptation de ce message suppose cependant deux choses qui vont être le sujet des développements ultérieurs de l’épître :
- la reconnaissance du fait que l’homme est dépourvu de toute justice propre : Rom 2,10 ; Phil 3,8-9 ; Esaïe 64,5
- le refus de chercher dans ses œuvres un moyen de se justifier : Rom 3,27-28 ; Eph 2,8-9

L’Evangile ne peut être reçu et vécu que d’une seule manière : par la foi et pour la foi. La foi qui est le moyen d’accès à la justice que procure l’Evangile est aussi celui par lequel on en vit par la suite : Gal 3,2 à 5 ; Col 2,6-7 ; Héb 10,38-39. Jésus, l’auteur de la foi qui nous a conduit au salut est aussi Celui qui veut la mener à la perfection : Héb 12,2. Celui qui est au départ de notre foi est et restera Celui qui en sera l’objet jusqu’à la fin : Phil 3,12. A Lui, en qui se trouvent toutes les richesses de la sagesse et de la science, soient tout honneur et gloire : Col 2,3.

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