EXPOSE SYSTEMATIQUE DU PLAN DE SALUT INDIVIDUEL
1ère PARTIE : LA CONDAMNATION UNIVERSELLE DE L’HUMANITE
Après avoir présenté le thème qui est, à ses yeux, au cœur de l’Evangile (le salut), Paul dresse ici les raisons de la colère de Dieu sur :
- les païens, la partie de l’humanité qui n’a pas eu le privilège de la révélation écrite : Ch 1,18 à 32
- ceux qui jugent et se sentent moralement au-dessus de la condition pécheresse des autres : Ch 2,1 à 10
- les juifs, détenteurs de la connaissance de Dieu par la loi : Ch 2,12 à 24, peuple élu et mis à part par la circoncision : Ch 2,25 à 3,8
Il conclut cette partie de son exposé en enfermant tous les hommes dans le même verdict : Nul n’est juste : Ch 3,9 à 11 …Nul ne peut se justifier par les œuvres qu’il fait : Ch 3,20
A) Condamnation des païens : Ch 1, 18 à 32
1) L’acte d’accusation de Dieu envers les païens :
On peut comprendre que les juifs, qui ont reçu les oracles de Dieu : Ch 3,1-2, soient condamnés par Celui-ci pour ne pas les avoir suivis. Mais Dieu peut-Il condamner les païens qui n’ont pas eu le privilège de la révélation écrite ? Ne serait-ce pas ici faire entorse à l’équité et à la justice, bases de Son trône : Psaume 89,15 ? Non ! répond ici Paul. Si les causes de la colère de Dieu sont différentes envers les païens que pour les juifs, elles se justifient et sont légitimes pour les raisons suivantes :
a) Dieu, bien qu’invisible, est visible à l’œil nu par tous au travers de sa création : v 20
L’univers, la nature qui nous entoure, l’infiniment grand et petit sont suffisants pour nous montrer et attester l’existence d’un Créateur :
- parfait : Eccles 1,5 à 8 ; Job 38,4 à 13 et suivants ; Réponse de Job : Job 40,1 à 5
« L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger. » Voltaire, philosophe
« En l’absence d’autre preuve, mon pouce seul me convaincrait de l’existence de Dieu. » Isaac Newton, physicien, mathématicien et astronome
« La probabilité pour que la vie soit le résultat d’un accident est comparable à la probabilité pour qu’un dictionnaire soit le résultat de l’explosion d’une imprimerie. » Edwin Conklin, biologiste
- puissant : Psaume 107,23 à 27 ; 29, 3 à 9 ; 19,2 ; Esaïe 40,12
- divin : beaucoup des attributs de Dieu peuvent ainsi être perçus au travers de la création : beauté : Mat 6,28-29, bonté : Mat 6,26 ; 5,45, sagesse et intelligence : Esaïe 28,24 à 29 ; Prov 30,24 à 28 ; Ps 139,13 à 15 , ordre et harmonie : Gen 8,22 ;
La nature, « ce brillant échantillon de la sagesse divine » est là pour apporter aux hommes le double témoignage permanent de Sa bienveillance envers eux : Actes 14,16-17 et de Sa proximité : Actes 17,22 à 28. Elle est un encouragement qui nous est donné à le chercher, même si ce n’est encore qu’à tâtons.
b) Les hommes sont donc inexcusables de se comporter comme s’Il n’existait pas : v 21.
1ère PARTIE : LA CONDAMNATION UNIVERSELLE DE L’HUMANITE
Après avoir présenté le thème qui est, à ses yeux, au cœur de l’Evangile (le salut), Paul dresse ici les raisons de la colère de Dieu sur :
- les païens, la partie de l’humanité qui n’a pas eu le privilège de la révélation écrite : Ch 1,18 à 32
- ceux qui jugent et se sentent moralement au-dessus de la condition pécheresse des autres : Ch 2,1 à 10
- les juifs, détenteurs de la connaissance de Dieu par la loi : Ch 2,12 à 24, peuple élu et mis à part par la circoncision : Ch 2,25 à 3,8
Il conclut cette partie de son exposé en enfermant tous les hommes dans le même verdict : Nul n’est juste : Ch 3,9 à 11 …Nul ne peut se justifier par les œuvres qu’il fait : Ch 3,20
A) Condamnation des païens : Ch 1, 18 à 32
1) L’acte d’accusation de Dieu envers les païens :
On peut comprendre que les juifs, qui ont reçu les oracles de Dieu : Ch 3,1-2, soient condamnés par Celui-ci pour ne pas les avoir suivis. Mais Dieu peut-Il condamner les païens qui n’ont pas eu le privilège de la révélation écrite ? Ne serait-ce pas ici faire entorse à l’équité et à la justice, bases de Son trône : Psaume 89,15 ? Non ! répond ici Paul. Si les causes de la colère de Dieu sont différentes envers les païens que pour les juifs, elles se justifient et sont légitimes pour les raisons suivantes :
a) Dieu, bien qu’invisible, est visible à l’œil nu par tous au travers de sa création : v 20
L’univers, la nature qui nous entoure, l’infiniment grand et petit sont suffisants pour nous montrer et attester l’existence d’un Créateur :
- parfait : Eccles 1,5 à 8 ; Job 38,4 à 13 et suivants ; Réponse de Job : Job 40,1 à 5
« L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger. » Voltaire, philosophe
« En l’absence d’autre preuve, mon pouce seul me convaincrait de l’existence de Dieu. » Isaac Newton, physicien, mathématicien et astronome
« La probabilité pour que la vie soit le résultat d’un accident est comparable à la probabilité pour qu’un dictionnaire soit le résultat de l’explosion d’une imprimerie. » Edwin Conklin, biologiste
- puissant : Psaume 107,23 à 27 ; 29, 3 à 9 ; 19,2 ; Esaïe 40,12
- divin : beaucoup des attributs de Dieu peuvent ainsi être perçus au travers de la création : beauté : Mat 6,28-29, bonté : Mat 6,26 ; 5,45, sagesse et intelligence : Esaïe 28,24 à 29 ; Prov 30,24 à 28 ; Ps 139,13 à 15 , ordre et harmonie : Gen 8,22 ;
La nature, « ce brillant échantillon de la sagesse divine » est là pour apporter aux hommes le double témoignage permanent de Sa bienveillance envers eux : Actes 14,16-17 et de Sa proximité : Actes 17,22 à 28. Elle est un encouragement qui nous est donné à le chercher, même si ce n’est encore qu’à tâtons.
b) Les hommes sont donc inexcusables de se comporter comme s’Il n’existait pas : v 21.
Refusant cette évidence, les hommes agissent ainsi comme si Dieu :
- ne voyait rien : Psaume 94,6 à 9
- n’entendait pas : Psaume 94,9
- ne savait rien : Psaume 73,11
- ne punissait pas : Psaume 10,2.4.11
c) C’est, non parce qu’il ne la connaîtrait pas, mais consciemment qu’ils retiennent la vérité sur Dieu captive : v 18 . Ils étouffent ainsi le témoignage de leur conscience sur Dieu de 2 manières :
. par leur impiété : v 18 : un terme qui s’applique aux dispositions de l’homme envers Dieu. Qu’il le veuille ou non, l’homme reste un être spirituel. Le fait de refuser Dieu ne le délivre pas de son besoin fondamental d’adorer quelqu’un et de rendre un culte à plus grand que lui. C’est pourquoi sans Dieu, l’homme tombe inévitablement dans l’idolâtrie, qui est la divinisation : v 23 :
- de l’homme lui-même : culte de la personnalité, des héros, des dieux du stade, des stars…
- des forces de la nature : cultes grecs, égyptiens, druidiques, hindous…
« La Bible ne connaît rien d’une religion qui aurait évolué d’un stade primitif à une forme supérieure, du polythéisme (croyance à plusieurs dieux) au monothéisme (foi en un seul Dieu). Elle parle plutôt d’une dégénérescence, d’une décadence à partir d’une connaissance originelle. »
. par leur injustice : v 18 : un terme qui se rapporte à la conduite de l’homme envers ses semblables. Refusant Dieu, l’homme revendique la liberté de suivre ses instincts et de se comporter selon les désirs et les penchants naturels de son cœur mauvais. Il adopte ainsi une conduite qui l’amène à :
· se dégrader lui-même physiquement : v 24 : excès du manger et du boire : Luc 21,34 ; alcoolisme : Prov 23,29 à 35, tabac (fumer nuit gravement à la santé), drogue…
· changer les règles naturelles fixées par Dieu en matière de sexualité : v 26-27 : homosexualité mais aussi tout autre comportement sexuel déviant.
· se conduire de façon indigne sur le plan social : v 29 à 30. 22 attitudes et comportements antisociaux sont ici mentionnés
· se faire l’apôtre, le promoteur, au nom de la liberté, de tout ce que l’on sait condamné par sa conscience et contraire à Dieu : v 32. L’homme ne se contente pas de tomber dans tous les travers et les vices que suscitent en lui sa nature pécheresse . Il va plus loin en honorant, félicitant et rassurant dans le monde quiconque s’y livre. L’adultère et le menteur sont loués tandis que l’honnête et le fidèle sont ridiculisés. Le mal est appelé bien et le bien mal : Esaïe 5,20.
2) le verdict de Dieu :
Bien que les païens soient privés de la révélation écrite de Dieu, la colère de Dieu à leur encontre est légitime. Elle s’exprime, dit Paul :
- du ciel : v 18 : puisque c’est contre le ciel que nous péchons : Luc 15,18, il est légitime que ce soit du ciel, séjour de Dieu, que vienne le châtiment pour nos péchés. C’est, à la fin des temps, le Sauveur envoyé du ciel pour les hommes qui sera le Juge qui, du ciel, les châtiera : Apoc 6,1
- par la passivité de Dieu qui, dans un premier temps, ne fait rien pour empêcher les hommes de récolter le salaire que mérite leur égarement : v 27. Dieu livre ainsi les hommes à :
· l’impureté selon les convoitises de leurs cœurs : v 24
· des passions déshonorantes, avilissantes, dégradantes : v 26 Ne voulant pas de son identité d’image de Dieu, l’homme devient l’image de la bête ;
· une mentalité réprouvée : v 28 : ne cherchant pas à être approuvé par Dieu, ils sont réprouvés.
Il existe dans le monde moral une loi établie par Dieu semblable à celle de la pesanteur dans le monde physique. Cette loi indique que celui qui s’engage sur la pente du vice est entraîné de façon irrésistible et avec une rapidité croissante par la force d’attraction de ce vice. Le fait que Dieu livre quelqu’un à tous les débordements de son péché ne signifie pas qu’Il le pousse au mal, mais qu’Il laisse simplement cette loi s’appliquer jusqu’au bout et dans toute sa logique dans sa vie. Seule une puissance d’attraction céleste supérieure peut libérer les hommes de la puissance d’attraction terrestre mauvaise qui les entraîne toujours plus vers le bas. Cette puissance d’attraction céleste a un nom : Jésus-Christ : Jean 12,32.
- ne voyait rien : Psaume 94,6 à 9
- n’entendait pas : Psaume 94,9
- ne savait rien : Psaume 73,11
- ne punissait pas : Psaume 10,2.4.11
c) C’est, non parce qu’il ne la connaîtrait pas, mais consciemment qu’ils retiennent la vérité sur Dieu captive : v 18 . Ils étouffent ainsi le témoignage de leur conscience sur Dieu de 2 manières :
. par leur impiété : v 18 : un terme qui s’applique aux dispositions de l’homme envers Dieu. Qu’il le veuille ou non, l’homme reste un être spirituel. Le fait de refuser Dieu ne le délivre pas de son besoin fondamental d’adorer quelqu’un et de rendre un culte à plus grand que lui. C’est pourquoi sans Dieu, l’homme tombe inévitablement dans l’idolâtrie, qui est la divinisation : v 23 :
- de l’homme lui-même : culte de la personnalité, des héros, des dieux du stade, des stars…
- des forces de la nature : cultes grecs, égyptiens, druidiques, hindous…
« La Bible ne connaît rien d’une religion qui aurait évolué d’un stade primitif à une forme supérieure, du polythéisme (croyance à plusieurs dieux) au monothéisme (foi en un seul Dieu). Elle parle plutôt d’une dégénérescence, d’une décadence à partir d’une connaissance originelle. »
. par leur injustice : v 18 : un terme qui se rapporte à la conduite de l’homme envers ses semblables. Refusant Dieu, l’homme revendique la liberté de suivre ses instincts et de se comporter selon les désirs et les penchants naturels de son cœur mauvais. Il adopte ainsi une conduite qui l’amène à :
· se dégrader lui-même physiquement : v 24 : excès du manger et du boire : Luc 21,34 ; alcoolisme : Prov 23,29 à 35, tabac (fumer nuit gravement à la santé), drogue…
· changer les règles naturelles fixées par Dieu en matière de sexualité : v 26-27 : homosexualité mais aussi tout autre comportement sexuel déviant.
· se conduire de façon indigne sur le plan social : v 29 à 30. 22 attitudes et comportements antisociaux sont ici mentionnés
· se faire l’apôtre, le promoteur, au nom de la liberté, de tout ce que l’on sait condamné par sa conscience et contraire à Dieu : v 32. L’homme ne se contente pas de tomber dans tous les travers et les vices que suscitent en lui sa nature pécheresse . Il va plus loin en honorant, félicitant et rassurant dans le monde quiconque s’y livre. L’adultère et le menteur sont loués tandis que l’honnête et le fidèle sont ridiculisés. Le mal est appelé bien et le bien mal : Esaïe 5,20.
2) le verdict de Dieu :
Bien que les païens soient privés de la révélation écrite de Dieu, la colère de Dieu à leur encontre est légitime. Elle s’exprime, dit Paul :
- du ciel : v 18 : puisque c’est contre le ciel que nous péchons : Luc 15,18, il est légitime que ce soit du ciel, séjour de Dieu, que vienne le châtiment pour nos péchés. C’est, à la fin des temps, le Sauveur envoyé du ciel pour les hommes qui sera le Juge qui, du ciel, les châtiera : Apoc 6,1
- par la passivité de Dieu qui, dans un premier temps, ne fait rien pour empêcher les hommes de récolter le salaire que mérite leur égarement : v 27. Dieu livre ainsi les hommes à :
· l’impureté selon les convoitises de leurs cœurs : v 24
· des passions déshonorantes, avilissantes, dégradantes : v 26 Ne voulant pas de son identité d’image de Dieu, l’homme devient l’image de la bête ;
· une mentalité réprouvée : v 28 : ne cherchant pas à être approuvé par Dieu, ils sont réprouvés.
Il existe dans le monde moral une loi établie par Dieu semblable à celle de la pesanteur dans le monde physique. Cette loi indique que celui qui s’engage sur la pente du vice est entraîné de façon irrésistible et avec une rapidité croissante par la force d’attraction de ce vice. Le fait que Dieu livre quelqu’un à tous les débordements de son péché ne signifie pas qu’Il le pousse au mal, mais qu’Il laisse simplement cette loi s’appliquer jusqu’au bout et dans toute sa logique dans sa vie. Seule une puissance d’attraction céleste supérieure peut libérer les hommes de la puissance d’attraction terrestre mauvaise qui les entraîne toujours plus vers le bas. Cette puissance d’attraction céleste a un nom : Jésus-Christ : Jean 12,32.
B) Condamnation des juifs : Ch 2,1 à 3,8
Après avoir dressé l’acte d’accusation des païens face à la justice de Dieu, l’apôtre Paul va maintenant traiter le cas différent des juifs qui, au regard des païens, se sentaient supérieurs à eux pour 3 raisons :
- par le fait de leur connaissance de la loi : 2,17 à 23
- par la gloire que représente pour eux le fait de porter ce nom : 2,17
- par le privilège que signifiait pour eux la marque de la circoncision : 2,25 à 29
Etablir la culpabilité des païens était, pour l’apôtre Paul, chose encore relativement facile. Mais convaincre les juifs que, devant Dieu, leur situation n’était pas meilleure, va demander de sa part une argumentation plus poussée. Paul va le faire de 3 manières :
- en définissant les critères à partir desquels se fera le jugement de Dieu sur chaque homme : 2,1 à 16
- en montrant la responsabilité particulière des juifs par rapport aux païens suite aux privilèges reçus : 2,17 à 29
- en soulignant enfin l’avantage évident que possèdent les juifs sur les païens en tant que peuple élu : 3,1 et 2
a) les critères du jugement de Dieu sur chaque homme : 2,1 à 16
Chaque homme, quel qu’il soit, dit Paul, a la capacité de juger : v 1. Cette capacité implique chez chacun une certaine notion ou connaissance de ce qui est bien et mal plus ou moins grande selon :
- qu’il a connaissance de la loi de Dieu, expression de Sa volonté morale parfaite : v 17 à 20
- qu’il n’a pour le guider dans ce domaine que la lumière de sa conscience : v 15
Cette capacité commune à chacun, l’homme l’utilise de manière active surtout dans un domaine : à l’égard de son prochain. Ainsi il n’est aucun homme, si injuste soit-il, qui ne condamne un autre pour la même raison que celle pour laquelle il est coupable devant Dieu : l’injustice. Cette tendance à voir prioritairement le péché et la responsabilité des autres en ce qui concerne le mal se dessine dès l’origine des temps :
- Adam, dès la chute, répond à la question posée par Dieu au sujet de sa faute, en incriminant Eve : Gen 3,11-12
- Eve poursuit dans la même voie en désignant le serpent comme 1er coupable : Gen 3,13
Ainsi, en tout et partout, malgré le fait évident que tous sont pécheurs, l’acte pour lequel chacun est le moins disposé est le fait de le reconnaître et de l’avouer. La propre justice est ainsi si ancrée en nous que nous sommes prêts, si Dieu nous le demande, à tout perdre, sauf la certitude de ne pas être traité selon nos droits : Job 2,9-10 ; 27,1 à 6 ; 35,1 à 8 ; 40,2 à 3 ; 42,1 à 6.
Celui qui se croit juste par rapport aux autres doit cependant faire face à plusieurs problèmes de taille :
1) Etant capable de jugement précis sur les autres, il doit pour lui-même s’attendre à un jugement tout aussi précis de Dieu sur sa vie : v 2. Et comme lui à l’égard des autres, Dieu pour se faire utilisera Sa propre mesure pour l’évaluer. Le jugement de Dieu à son égard se fera ainsi :
- selon la vérité : v 3 : y a-t-il dans sa vie parfaite concordance entre connaissance et pratique ?
- selon ses œuvres : v 6 : la persévérance a toujours bien faire est-elle visible : v 7 ? Ou la considération pour le mal entre-t-elle également en ligne de compte dans les actes : v 8 ?
- selon le degré de lumière reçue : la loi ou la conscience : v 12 à 15. « On demandera beaucoup à qui l’on a beaucoup donné, et on exigera davantage de celui à qui l’on a beaucoup confié. » Luc 12,48
- par Jésus-Christ : Il est pour Dieu le mètre étalon humain par excellence avec lequel peut être mesuré et évalué le degré de justice des hommes : Jean 5,22.
- sur la base, non seulement des actions connues, mais de toutes celles qui sont secrètes : Mat 6,1.3-4 ; Ps 64,4 à 6 ; Esaïe 29,15
2) Se plaçant dans la position du juste, celui qui juge les autres se condamne à être lui-même son propre avocat pour défendre sa cause devant Dieu. Il méprise ainsi les richesses de la bonté, de la patience et de la longanimité (capacité à supporter ou endurer les fautes des autres) de Dieu qui le poussent et l’invitent à la repentance : Rom 2,4.
Avec la foi : Rom 1,17, la repentance est ainsi nécessaire pour accéder à la justification devant Dieu. Dieu n’agirait pas justement s’Il déclarait juste un pécheur qui ne se repent pas. Ce qui pousse l’homme à la repentance n’est pas seulement le fait pour lui d’être placé devant son péché, mais surtout face aux possibilités immenses de la grâce de Dieu révélées en Jésus-Christ ! « Pourquoi m’agripperai-je tant à ma propre justice si peu sûre alors qu’en Christ une couverture parfaite m’est proposée ? » comprend le pécheur.
Quel message doit donc être prêché à ceux qui s’appuient sur leur propre justice pour qu’il accèdent au salut ? Un double message :
1) Un message de jugement : Rom 2,2-3 ; Mat 23
Jésus a dénoncé la propre justice sous un autre terme : l’hypocrisie. Il a donné au moins 4 caractéristiques qualifiant la conduite et la fausseté des propres justes :
- les hypocrites enseignent aux autres ce qu’ils ne vivent pas eux-mêmes : Mat 23,3.
- les hypocrites imposent aux autres des fardeaux qu’ils ne portent pas eux-mêmes : Mat 23,4
- les hypocrites sont incapables de faire le bien sans chercher à le faire remarquer : Mat 23,5
- les hypocrites n’ont qu’un but en tête : avoir une position toujours plus élevée aux yeux des hommes : Mat 23, 6-7
2) Un message de grâce nécessitant une repentance passant par :
- Gen 3,9 : l’honnêteté envers soi-même et envers Dieu
- Gen 3,12-13 : la confession de sa responsabilité dans le mal pratiqué
- Gen 3,7 : le renoncement à sa propre justice et à tout système visant à se rendre plus présentable que ce que l’on est devant Dieu
- Gen 3,14-15.21 : la foi, l’appropriation personnelle du moyen donné par Dieu en Christ pour être justifié.
b) la responsabilité particulière des juifs par rapport aux païens : Rom 2,17 à 29
Après avoir défini les critères selon lesquels se fera le jugement de Dieu sur tout homme, l’apôtre Paul s’attaque aux deux privilèges particuliers des juifs qui les rendaient, par rapport aux païens, fiers du nom qu’ils portaient : v 17 :
1) le privilège d’être le peuple dépositaire de la loi de Dieu :
Incontestablement, ce privilège du peuple juif par rapport aux autres peuples est énorme. Par la loi, en effet, dit Paul, les juifs :
- ont une connaissance directe de Dieu et de Sa volonté : v 18. Alors que tous les autres peuples devaient Le chercher en tâtonnant : Actes 17,26-27, le peuple juif avait par la loi accès à une définition exacte de la pensée et du caractère de Dieu : v 20b ; Lév 18,2.4.5.6.21.30 ; 19,3,4,10.12.14.16.18… La loi révèle à l’homme non seulement ce que Dieu pense, mais encore ce qu’Il est dans Sa nature et Son caractère : Lév 19,2.
- occupent, par cette connaissance, une position supérieure par rapport aux autres : v 19 et 20. Les instructions que leur donnait la loi sur la Personne et la pensée de Dieu faisaient d’eux des gens aptes à être :
. des conducteurs d’aveugles : en réalité Mat 15,12 à 14; 23,26; Jean 9,39 à 41 n’ayant plus rien à apprendre, ce sont eux qui l’étaient devenus !
. des lumières pour ceux qui sont dans les ténèbres : en réalité Jean 1,9-10; 8,16-26 : ayant refusé de se laisser juger par elle, ils sont devenus pires que les autres !
. des éducateurs pour les insensés : en réalité Mat 23,17.23.24 ayant poussé à son extrême l’art de la polémique sur le détail, ils ont mis de côté l’essentiel de son enseignement
. des maîtres pour les enfants : en réalité Jean 3,9-12, ils n’ont pas compris la B.A-BA de la vie spirituelle.
Malheureusement, ce qui aurait dû être le sujet de gloire du peuple juif : Esaïe 42,21 est finalement devenu, à cause de leurs vies, le sujet principal de honte pour Dieu dans le monde : v 24. Un privilège reçu engendre toujours une responsabilité : celle de vivre à la hauteur du don qui nous a été fait ! C’est dans la vie et la pratique que le témoignage que nous rendons à Dieu devient crédible pour les autres. Veillons à ce que le décalage entre ce que nous professons et ce que nous vivons ne soit pas tel que, d’adorateurs de Dieu que nous prétendons être, nous ne soyons en réalité pour Lui que des blasphémateurs : cf Jac 2,14 à 24; Tite 2,11-12; 1 Jean 2,3-4.9.29 ; 3,14 à 19…
2) la circoncision : la marque de l’alliance avec Dieu inscrite dans la chair : v 25 à 29 :
C’est à Abraham, en vertu de l’alliance qu’Il avait faite avec lui et ses descendants, que Dieu donna le signe de la circoncision : Genèse 17,7 à 14. Marque dans la chair, elle affirmait l’appartenance physique d’Abraham et de sa descendance à Dieu et soulignait plus que tout encore leur différence avec les autres peuples : Actes 11,13 ; 1 Sam 17,26 : 1 Chr 10,4. D’où la fierté que la circoncision représentait pour un juif : Phil 3,4-5.
Comme pour la loi, Paul souligne cependant qu’au privilège de la circoncision correspond pour chaque juif des obligations :
- celle de la justice de la foi, comme il le fut pour Abraham : Rom 4,11
- celle de la pratique de la loi : Rom 2,25; Gal 5,3
La circoncision, rappelle Paul, telle la bague pour le mariage, n’est qu’un signe extérieur. Seule la réalité qu’il est censé représenter compte. C’est pourquoi Paul dissocie dans son exposé l’homme qui, aux yeux de Dieu, est un vrai Juif d’un faux (comparaison qui, de nos jours, peut être valable pour le baptême, signe extérieur de la nouvelle alliance que nous sommes membres du peuple de Dieu). Le vrai Juif, selon Paul :
- ne se contente pas de l’apparence. Le simple fait d’être circoncis, d’avoir eu part au rite qui, extérieurement et physiquement, fait de lui un membre apparent du peuple de Dieu, ne suffit pas : v 28
- est celui qui vit dans son cœur, à l’intérieur de sa personne, la réalité de son appartenance à Dieu : v 29. Il est circoncis d’une circoncision que la main de l’homme n’a pas faite : Col 2,11, la circoncision du cœur opérée par l’Esprit. C’est pourquoi son cœur bat pour Dieu, l’obéissance à Sa parole, Ses préceptes, Ses commandements : v 27 et 28.
Etre Juif, c’est-à-dire, membre du peuple élu de Dieu n’est plus, depuis Christ, qu’une question d’origine ou de nature. Ce titre de gloire et d’honneur doit, dans la vie de celui qui le porte, correspondre, contrairement à ce qui se vivait : v 22, à une réalité vécue. Un païen incirconcis, mais qui vit la réalité spirituelle de la circoncision, pourrait ainsi dans l’ordre de Dieu, être amené à juger un juif circoncis dans la chair, mais qui ne vit pas selon l’esprit de l’alliance qui est la raison du rite : v 27. Une question se pose alors : si en Christ la place des païens et des juifs peut être inversée (cp le v 1 et le v 27 qui, après exposé de l’argumentation de Paul, inversent les positions de juges) quel est encore pour un juif naturel l’avantage d’être né ainsi ? C’est par cette interrogation et à d’autres qui lui sont liées que Paul terminera son exposé sur le sujet.
c) 4 questions liées au statut des juifs par rapport aux païens : 3,1 à 8
1ère question : 3,1 : Quelle est l’avantage des juifs ? Quelle est l’utilité de faire partie du peuple physique de Dieu ?
Réponse : v 2 : il est grand, dit Paul, puisque être juif c’est, faire partie du peuple qui a eu le privilège de recevoir depuis toujours la Parole de Dieu. Les juifs ne sont pas comme les païens pour qui Dieu, même avec la plus grande lumière que la raison peut donner, reste le Dieu inconnu : Actes 17,23. Seuls les juifs connaissent réellement Celui qu’ils adorent : Jean 4,22. Certains d’entre eux, dont Moïse à qui a été confié la loi, ont dialogué avec Lui face à face : Nomb 12,6 à 8. Ils ont vu comme aucun autre peuple Sa puissance à l’œuvre : Deut 4,32 à 35. Toute leur histoire est ainsi pétrie de la révélation de Dieu : Deut1,30-31 ; 29,2 à 6, qui de la loi, passe par les prophètes et aboutit au Christ : Rom 9,4-5. C’est donc un avantage considérable de faire partie, ne serait-ce que sur la plan naturel, du peuple juif.
2ème question : v 3 : l’incrédulité des juifs anéantit-elle la fidélité de Dieu à leur égard ?
Réponse : v 4 : Loin de là ! Toute l’histoire d’Israël est là pour démontrer que, s’il y a une partie qui est resté fidèle à l’alliance contractée, c’est Dieu et non Israël : Nomb 14,22 ; 2 Rois 8,19 ; 13,23. Cette fidélité, expliquera Paul, plus loin se manifestera dans l’avenir et à la fin des temps par le salut par Christ de toute la nation juive : Rom 11,25 à 29
3ème question : v 5 : si l’injustice des juifs met encore plus en valeur la fidélité de Dieu, pourquoi alors les punit-Il encore ?
Réponse : v 6 : cette question, souligne Paul, n’a rien de spirituel. Elle ne peut être que le fait d’hommes qui ne raisonnent qu’en fonction de la logique humaine. Paul y répond en rappelant les droits qui sont, par nature, ceux de Dieu. Qui sommes-nous pour mettre Dieu en procès et Lui demander des comptes sur Ses façons d’agir ? Dieu est souverain. Il a le droit, s’Il le veut, quand Il le veut et sans qu’Il ait besoin de se justifier pour le faire, de juger Sa création. Chaque péché que nous commettons est et reste une offense à Son égard. Seuls Son pardon et Sa grâce offerts généreusement en Christ nous permet de surseoir à Sa colère : Mat 6,12 ; Jean 3,36. Ce qui doit nous étonner n’est pas que Dieu, dans Sa souveraineté, puisse tirer gloire même de notre péché, mais bien qu’Il fasse preuve de tant de ressources de grâce, de bonté et de fidélité envers nous, hommes pécheurs.
4ème question : v 7 et 8 : si Dieu est capable de faire sortir le bien du mal, pourquoi alors ne pas continuer à péché ?
Réponse : v 8 : un tel raisonnement souligne Paul, ne peut être qu’une perversion du concept de la grâce. En effet, la grâce, le pardon que Dieu nous offre, s’Il révèle toute la grandeur de la bonté qui habite Son cœur, n’est pas pour Lui quelque chose de bon marché. Elle lui a coûté ce qu’Il avait de plus précieux, Son Fils unique, éternel, qui faisait toute Son affection : Jean 3,16 ; Luc 3,22. L’assimiler donc à un acte d’indulgence facile pour Lui est tout, sauf l’expression de la réalité qu’elle signifie pour Lui. Ne méprisons pas la grâce qui nous est donnée ! Dieu ne laissera pas Son Fils être crucifié une seconde fois pour nous ! Profitons donc de l’opportunité qui nous est donné d’être pardonné de nos péchés, non pour retourner dans la boue d’où nous avons été tirés, mais pour porter du fruit à sa gloire : Héb 6,4 à 12 ; 2 Pier 2,20 à 22.
. des lumières pour ceux qui sont dans les ténèbres : en réalité Jean 1,9-10; 8,16-26 : ayant refusé de se laisser juger par elle, ils sont devenus pires que les autres !
. des éducateurs pour les insensés : en réalité Mat 23,17.23.24 ayant poussé à son extrême l’art de la polémique sur le détail, ils ont mis de côté l’essentiel de son enseignement
. des maîtres pour les enfants : en réalité Jean 3,9-12, ils n’ont pas compris la B.A-BA de la vie spirituelle.
Malheureusement, ce qui aurait dû être le sujet de gloire du peuple juif : Esaïe 42,21 est finalement devenu, à cause de leurs vies, le sujet principal de honte pour Dieu dans le monde : v 24. Un privilège reçu engendre toujours une responsabilité : celle de vivre à la hauteur du don qui nous a été fait ! C’est dans la vie et la pratique que le témoignage que nous rendons à Dieu devient crédible pour les autres. Veillons à ce que le décalage entre ce que nous professons et ce que nous vivons ne soit pas tel que, d’adorateurs de Dieu que nous prétendons être, nous ne soyons en réalité pour Lui que des blasphémateurs : cf Jac 2,14 à 24; Tite 2,11-12; 1 Jean 2,3-4.9.29 ; 3,14 à 19…
2) la circoncision : la marque de l’alliance avec Dieu inscrite dans la chair : v 25 à 29 :
C’est à Abraham, en vertu de l’alliance qu’Il avait faite avec lui et ses descendants, que Dieu donna le signe de la circoncision : Genèse 17,7 à 14. Marque dans la chair, elle affirmait l’appartenance physique d’Abraham et de sa descendance à Dieu et soulignait plus que tout encore leur différence avec les autres peuples : Actes 11,13 ; 1 Sam 17,26 : 1 Chr 10,4. D’où la fierté que la circoncision représentait pour un juif : Phil 3,4-5.
Comme pour la loi, Paul souligne cependant qu’au privilège de la circoncision correspond pour chaque juif des obligations :
- celle de la justice de la foi, comme il le fut pour Abraham : Rom 4,11
- celle de la pratique de la loi : Rom 2,25; Gal 5,3
La circoncision, rappelle Paul, telle la bague pour le mariage, n’est qu’un signe extérieur. Seule la réalité qu’il est censé représenter compte. C’est pourquoi Paul dissocie dans son exposé l’homme qui, aux yeux de Dieu, est un vrai Juif d’un faux (comparaison qui, de nos jours, peut être valable pour le baptême, signe extérieur de la nouvelle alliance que nous sommes membres du peuple de Dieu). Le vrai Juif, selon Paul :
- ne se contente pas de l’apparence. Le simple fait d’être circoncis, d’avoir eu part au rite qui, extérieurement et physiquement, fait de lui un membre apparent du peuple de Dieu, ne suffit pas : v 28
- est celui qui vit dans son cœur, à l’intérieur de sa personne, la réalité de son appartenance à Dieu : v 29. Il est circoncis d’une circoncision que la main de l’homme n’a pas faite : Col 2,11, la circoncision du cœur opérée par l’Esprit. C’est pourquoi son cœur bat pour Dieu, l’obéissance à Sa parole, Ses préceptes, Ses commandements : v 27 et 28.
Etre Juif, c’est-à-dire, membre du peuple élu de Dieu n’est plus, depuis Christ, qu’une question d’origine ou de nature. Ce titre de gloire et d’honneur doit, dans la vie de celui qui le porte, correspondre, contrairement à ce qui se vivait : v 22, à une réalité vécue. Un païen incirconcis, mais qui vit la réalité spirituelle de la circoncision, pourrait ainsi dans l’ordre de Dieu, être amené à juger un juif circoncis dans la chair, mais qui ne vit pas selon l’esprit de l’alliance qui est la raison du rite : v 27. Une question se pose alors : si en Christ la place des païens et des juifs peut être inversée (cp le v 1 et le v 27 qui, après exposé de l’argumentation de Paul, inversent les positions de juges) quel est encore pour un juif naturel l’avantage d’être né ainsi ? C’est par cette interrogation et à d’autres qui lui sont liées que Paul terminera son exposé sur le sujet.
c) 4 questions liées au statut des juifs par rapport aux païens : 3,1 à 8
1ère question : 3,1 : Quelle est l’avantage des juifs ? Quelle est l’utilité de faire partie du peuple physique de Dieu ?
Réponse : v 2 : il est grand, dit Paul, puisque être juif c’est, faire partie du peuple qui a eu le privilège de recevoir depuis toujours la Parole de Dieu. Les juifs ne sont pas comme les païens pour qui Dieu, même avec la plus grande lumière que la raison peut donner, reste le Dieu inconnu : Actes 17,23. Seuls les juifs connaissent réellement Celui qu’ils adorent : Jean 4,22. Certains d’entre eux, dont Moïse à qui a été confié la loi, ont dialogué avec Lui face à face : Nomb 12,6 à 8. Ils ont vu comme aucun autre peuple Sa puissance à l’œuvre : Deut 4,32 à 35. Toute leur histoire est ainsi pétrie de la révélation de Dieu : Deut1,30-31 ; 29,2 à 6, qui de la loi, passe par les prophètes et aboutit au Christ : Rom 9,4-5. C’est donc un avantage considérable de faire partie, ne serait-ce que sur la plan naturel, du peuple juif.
2ème question : v 3 : l’incrédulité des juifs anéantit-elle la fidélité de Dieu à leur égard ?
Réponse : v 4 : Loin de là ! Toute l’histoire d’Israël est là pour démontrer que, s’il y a une partie qui est resté fidèle à l’alliance contractée, c’est Dieu et non Israël : Nomb 14,22 ; 2 Rois 8,19 ; 13,23. Cette fidélité, expliquera Paul, plus loin se manifestera dans l’avenir et à la fin des temps par le salut par Christ de toute la nation juive : Rom 11,25 à 29
3ème question : v 5 : si l’injustice des juifs met encore plus en valeur la fidélité de Dieu, pourquoi alors les punit-Il encore ?
Réponse : v 6 : cette question, souligne Paul, n’a rien de spirituel. Elle ne peut être que le fait d’hommes qui ne raisonnent qu’en fonction de la logique humaine. Paul y répond en rappelant les droits qui sont, par nature, ceux de Dieu. Qui sommes-nous pour mettre Dieu en procès et Lui demander des comptes sur Ses façons d’agir ? Dieu est souverain. Il a le droit, s’Il le veut, quand Il le veut et sans qu’Il ait besoin de se justifier pour le faire, de juger Sa création. Chaque péché que nous commettons est et reste une offense à Son égard. Seuls Son pardon et Sa grâce offerts généreusement en Christ nous permet de surseoir à Sa colère : Mat 6,12 ; Jean 3,36. Ce qui doit nous étonner n’est pas que Dieu, dans Sa souveraineté, puisse tirer gloire même de notre péché, mais bien qu’Il fasse preuve de tant de ressources de grâce, de bonté et de fidélité envers nous, hommes pécheurs.
4ème question : v 7 et 8 : si Dieu est capable de faire sortir le bien du mal, pourquoi alors ne pas continuer à péché ?
Réponse : v 8 : un tel raisonnement souligne Paul, ne peut être qu’une perversion du concept de la grâce. En effet, la grâce, le pardon que Dieu nous offre, s’Il révèle toute la grandeur de la bonté qui habite Son cœur, n’est pas pour Lui quelque chose de bon marché. Elle lui a coûté ce qu’Il avait de plus précieux, Son Fils unique, éternel, qui faisait toute Son affection : Jean 3,16 ; Luc 3,22. L’assimiler donc à un acte d’indulgence facile pour Lui est tout, sauf l’expression de la réalité qu’elle signifie pour Lui. Ne méprisons pas la grâce qui nous est donnée ! Dieu ne laissera pas Son Fils être crucifié une seconde fois pour nous ! Profitons donc de l’opportunité qui nous est donné d’être pardonné de nos péchés, non pour retourner dans la boue d’où nous avons été tirés, mais pour porter du fruit à sa gloire : Héb 6,4 à 12 ; 2 Pier 2,20 à 22.
C) Verdict final : condamnation de l’humanité dans son ensemble : Rom 3,9 à 20
1) Résumé de l’enseignement de Paul sur la condition des païens et des juifs devant Dieu :
En observant les faits (1,24 à 32), en prenant à témoin la conscience de l’homme (2,15), l’apôtre a établi d’une manière irréfutable la culpabilité et la condamnation de tous les hommes. Pas de circonstances atténuantes, ni pour les uns, ni pour les autres. Tous coupables : tel est le verdict définitif de Dieu, le Juge. Toute bouche est désormais fermée, dit Paul : 3,19. Personne n’a d’argument suffisamment solide à faire valoir pour défendre sa justice.
2) Acte d’accusation : 3,9 : il est résumé ici par deux expressions fortes :
a) Tous : l’humanité entière est incluse, sans distinction d’origine, dans la même sentence. Aucune origine, aucun privilège, aucune éducation ne nous place devant Dieu au-dessus des autres. Aucun savoir, aucune connaissance, aucun rite ni aucun mérite ne nous sauve ou ne nous élève au-dessus du lot commun. La situation est telle qu’elle requiert pour tous le même moyen, la même solution pour être sauvé : Jean 3,16 ; Actes 4,12
b) Sont sous l’empire du péché : le péché n’est pas seulement une gêne occasionnelle. C’est un tyran dont nous sommes par nature l’esclave : Rom 6,6.12.16. L’œuvre de salut qu’accomplira Christ consistera donc essentiellement à nous apporter la libération du péché : Rom 6,22 ; Gal 5,1. Ce sont ces deux aspects du salut (justification et libération) que Paul cherchera surtout à développer dans la suite de sa lettre.
3) Preuves scripturaires : 3,10-18 :
Pour appuyer son argumentation sur l’état de l’homme vu par Dieu, Paul cite 7 textes de l’Ancien Testament descriptifs de sa situation :
- 3,10-12 : Psaume 14,1 à 3
- 3,13a : Psaume 5,10
- 3,13b : Psaume 140,4
- 3,13b : Psaume 140,4
- 3,14 : Psaume 10,7
- 3,15 : Proverbes 1,16
- 3,15 : Proverbes 1,16
- 3,16-17 : Esaïe 59,7-8
Ils mettent en valeur le degré de corruption qui est le nôtre sans Dieu :
- l’intelligence est voilée : 3,11a
- la volonté est faussée : 3,11b : l’homme ne cherche pas sincèrement à renouer contact avec Dieu. S’il le fait, ce n’est que pour se rassurer ou en tirer avantage. Il lui faudra la conviction de l’Esprit pour lui montrer l’étendue et la gravité de sa situation.
- la marche est déviée : 3,11c : l’humanité marche dans des voies tordues et à l’inverse du sens du vrai but.
- les organes de la parole sont utilisés pour nuire : 3,12 à 14 :
- le gosier est un sépulcre ouvert : prêt à accueillir pour la mort ceux qui passent à proximité
- la langue est trompeuse, mensongère
- les lèvres sont envenimées
- la bouche ne sait que blesser et causer le malheur
- les voies de l’homme sont toutes au service de la mort : 3,15 à 17
- les pieds tracent des chemins criminels, semés de ruines et arrosés de larmes.
4) Verdict : 3,19-20 : il est irréfutable :
- toute bouche est fermée devant Dieu : v 19 : personne dans le monde, qu’il ait eu connaissance de la loi ou non, n’a le pouvoir de se défendre, de présenter une argumentation telle qu’elle puisse fournir une base suffisante d’éléments pouvant l’innocenter devant Dieu : Job 5,16. L’idée selon laquelle, au regard de ses œuvres, quelqu’un pourrait se présenter devant Dieu pour fournir une défense lui permettant d’être déclaré juste, est totalement absente de la Bible. Au contraire, ce sont leurs œuvres qui fourniront l’acte d’accusation irréfutable à partir duquel la justice divine condamnera les hommes qui n’auront pas cru : Apoc 20,11 à 15. Si, après avoir entendu Dieu, le juste Job : Job 1,1.9 ; 2,3 ne pouvait que se taire : Job 39,34 à 38 ; 42,3, nous que pourrions-nous dire ?
- tout le monde est reconnu coupable : v 19 : les différences morales que l’on constate sur le plan humain entre les hommes sont toutes gommées. Le pharisien est mis au même rang que la prostituée, le juge que le criminel… : Mat 21,31. Certains des premiers seront les derniers et certains des derniers les premiers : Luc 13,25 à 30.
- aucune justification n’est possible : v 20 : le rôle essentiel de la loi, dit ici Paul, est, par les normes de conduite qu’elle impose, de faire prendre conscience au pécheur de son péché : cf Rom 7,7-8. Elle ne communique cependant aucune force à celui qui veut y obéir. C’est même , dit Paul, le contraire qui se produit : Rom 7,9 La force doit donc venir d’ailleurs : la foi en Jésus-Christ : Rom 3,20-21. C’est ce que Paul va maintenant développer dans cette partie la plus importante de son épître qui a pour thème : la justification et la libération du pécheur par la foi en Christ !



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