mardi 29 juin 2010

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samedi 2 août 2008

Analyse de Romains 15,14 à 16,27

CONCLUSION DE L’EPITRE AUX ROMAINS

1) Communications personnelles de Paul : Ch 15,14 à 33

Raisons de son épître : v14 à 17

Bien que persuadé que les chrétiens de Rome étaient assez mûrs pour s’édifier dans la foi, la connaissance et l’amour entre eux : v 14, Paul explique ici les raisons qui l’ont poussé à écrire cette épître si complète et si pleine d’exhortations :

1ère raison : le ministère que Dieu lui a confié : v 16a

La mission que Paul a reçu de Dieu est d’être au service de Jésus-Christ pour les non-juifs. Il considère donc, conformément à l’ordre donné par le Seigneur avant Son départ : Matthieu 28,19-20, que la planète entière fait partie de son champ d’action. Comme il le dit au début de sa lettre, il se sent redevable envers tous les peuples d’annoncer l’Evangile par lequel il a été sauvé : Rom 1,14-15. Paul est, après l’apôtre Pierre, la 2ème grande figure du christianisme primitif, l’un pour les juifs, l’autre pour les païens : Galates 2,8

2ème raison : l’objectif de son ministère parmi les païens : v 16b

Dans le service auquel il se sent appelé auprès des païens, la pensée de Paul ne se limite pas à l’annonce du salut en Jésus-Christ. Son objectif est non seulement que les païens soient sauvés, mais qu’ils deviennent pour Dieu une offrande qui Lui soit agréable. Le ministère d’apôtre ne se limite pas à celui d’évangéliste. Il est aussi d’être enseignant, modèle et formateur auprès de ceux que Dieu lui confie : Col 1,28. C’est pour cette raison que, même sans connaître directement l’église de Rome, Paul se sent redevable de communiquer à ses frères en Christ la richesse de la connaissance que Dieu lui a donné par l’Esprit Saint : Rom 1,11 ; Ephés 3,1 à 3. Ce faisant, ce ne sont pas seulement les croyants de Rome, mais toutes les générations de croyants qui bénéficieront de son enseignement. L’ambition de Paul n’est pas seulement de s’acquitter du ministère que Dieu lui a confié, mais de bien le remplir et d’être, au jour de Jésus-Christ, fier de ce qui aura pu être fait à travers lui parmi les païens : v 17 ; Rom 14,10 à 12 ; 2 Tim 4,5. Cela devrait aussi être notre motivation à tous dans ce que Dieu nous confie.

2) Méthodes de travail : v 18 à 21

Après avoir expliqué les raisons qui l’ont poussé à écrire son épître à ses frères de Rome, Paul s’emploie maintenant à leur décrire de quelle manière il travaille pour s’acquitter du service qui lui a été confié. A ce sujet, il parle :

du but qu’il vise : v 18 : l’obéissance

L’Evangile qui n’a pas pour objectif d’amener les croyants à l’obéissance est un faux évangile : Rom 1,5. Le péché étant entré dans le monde par la désobéissance, la réconciliation avec Dieu n’a de sens que si elle aboutit à l’obéissance. Seul celui qui fait la volonté de Dieu est connu par Lui : Mat 7,21 à 23

des moyens qu’il a à sa disposition : v 19a :

L’œuvre de Dieu à travers Paul s’est faite de 3 manières :
. par sa parole : prédication, enseignement : Actes 14,12 ; 20,7 à 9 ; 28,30 –31
. par ses œuvres : 2 Cor 11,27 ; 1 Thes 2,9 ; 2 Thes 3,8 ; 2 Tim 3,10-11
. par les miracles et les prodiges : guérisons : Actes 14,8 à 10 ; 19,11-12
la même puissance, celle de l’Esprit- Saint étant à l’œuvre dans tous les cas.

de sa méthode de travail : v 19b à 21

Partant de Jérusalem, comme le Seigneur l’avait ordonné : Actes 1,8, Paul, au cours de plusieurs voyages alla jusqu’en Illyrie (l’Albanie et la Yougoslavie actuelles), annonçant partout l’Evangile, laissant sur son passage d’innombrables églises naissantes. Deux soucis l’habitaient dans le ministère qu’il accomplissait ainsi au service de Jésus-Christ :

annoncer l’Evangile là où Christ n’était pas connu : v 20.
Paul se faisait un point d’honneur de ne pas marcher sur les plates bandes d’autrui, contrairement à d’autres qui ne se gênaient pour, après son départ, le discréditer et prendre sa place dans les églises qu’il avait implanté : 2 Cor 10,13 à 16 ; Actes 20,29. Bien qu’étant sans doute l’apôtre clé de l’évangélisation parmi les païens, Paul sait qu’il n’est pas le seul engagé dans cette tâche. Respecter l’œuvre de Dieu, c’est aussi pour lui respecter le travail fait par ses autres frères dans cette même œuvre.

obéir à la parole de Dieu qui vise comme cible première de l’évangélisation les peuples encore non-atteints : v 21.

3) Projets de Paul pour l’avenir : Rom 15,22 à 33

Considérant sa mission achevée en Orient, Paul a maintenant le projet de se rendre en Occident, à Rome d’abord, puis en Espagne : v 23. Nous ne savons pas si ce projet pour l’Espagne put se réaliser. Paul nous révèle un autre aspect de ce qu’est l’esprit et la vocation missionnaires : l’esprit de conquête permanent. Un véritable missionnaire ne considère jamais sa mission finie. Un champ terminé, il en a immédiatement à l’esprit un nouveau. Il sait, comme Jésus l’a dit, que le défi missionnaire lancé au moment de Sa première venue ne sera pas entièrement relevé au moment de Son retour : Mat 10,23 ; 24,14. C’est pourquoi le vrai missionnaire ne peut, jusqu’à son dernier souffle, déposer les armes.

Le projet de Paul de se rendre à Rome puis en Espagne inclut plusieurs raisons :

- Rencontrer personnellement les chrétiens de Rome, qu’il ne connaît que par ouï-dire. Un désir qu’il a depuis longtemps, mais dont la réalisation jusqu’à présent n’a pu se faire : v 23. Parti de Jérusalem, la capitale juive et le centre du christianisme naissant, Paul considérait comme primordial pour lui d’atteindre l’objectif d’annoncer l’Evangile dans ce qui était la capitale païenne de l’époque : Rome.

- Faire de Rome sa base d’opération pour son projet en Espagne : v 24, 28

Dans l’attente de la réalisation de ce projet, Paul a devant lui une autre mission. Il a en effet été chargé par les églises de Macédoine et de l’Achaïe (deux régions de la Grèce actuelle), d’apporter aux croyants de Jérusalem le fruit d’une collecte organisée pour les soutenir dans la famine qui les avait atteints : Actes 11,27 à 30 ; 1 Cor 16,1 à 4. Le fait que Paul, le grand apôtre des païens dont la passion première est d’annoncer l’Evangile là où il n’est pas connu, ait été prêt de se charger d’une telle mission auprès de croyants juifs, nous enseigne plusieurs leçons :

- Bien qu’apôtre des païens, Paul n’a pas oublié ses racines juives. Il le rappellera souvent au cours de ses écrits : Rom 9,3 ; Phil 3,4 à 6. Il aura à cœur en même temps, partout où il passera de commencer l’évangélisation des juifs de la nouvelle région atteinte : Actes 13,14 ; 14,1 ; 17,1-2 et de rappeler aux chrétiens non-juifs tout ce que, dans leur foi, ils doivent à ce peuple : Rom 9,1 à 5. Paul considérait comme un juste retour des choses que les croyants d’origine païenne soutiennent dans la difficulté leurs frères juifs éprouvés : Rom 15,27

- Bien qu’ayant une mission prioritaire, annoncer l’Evangile à ceux qui ne l’avaient pas encore entendu, Paul ne considérait pas comme un détour le fait, chaque fois qu’il le pouvait, de servir ses frères et de leur faire du bien. La mission d’un apôtre ou d’un évangéliste ne peut se résumer à une seule tâche. Comme Jésus, l’apôtre est appelé à aller de lieu en lieu pour annoncer la Parole, délivrer les captifs et faire tout le bien qui lui est possible de faire : Actes 10,38. Dans tous ses déplacements, Paul a mis plus d’une fois un point d’honneur à remplir le contrat qui lui avait été donné par les autres apôtres en faveur des pauvres : Galates 2,6 à 10.

- Bien qu’ayant une mission prioritaire, Paul ne considère pas comme peu de choses de travailler à l’unité et au renforcement pratique des relations entre les croyants d’origine diverse. Plus que tout autre peut-être, il avait dans l’esprit l’idée que l’Eglise est un Corps dont les membres sont interdépendants : Ephés 1,22-23 ; 1 Cor 12,27. Il est juste et bon qu’une église locale dans un contexte favorisée s’inquiète et prenne part aux besoins d’une autre, d’une ethnie différente, vivant dans des conditions spirituelles ou matérielles plus difficiles. Dieu désire faire de l’Eglise une société dans la société, un réseau de ramifications au travers desquelles Il peut manifester les bienfaits de Sa grâce à chaque membre du Corps.

En vue de la réalisation de ce projet, Paul se recommande à la prière des chrétiens de Rome pour deux raisons :

- Pour qu’ils soient délivrés des réfractaires de Judée : v 30. Paul savait que c’était parmi les croyants d’origine juive qu’il avait le plus d’opposants à son ministère parmi les païens : Actes 15,5. Bien que les apôtres lui aient donné la main d’association, l’idée que les juifs et les non-juifs étaient sur le même pied d’égalité dans la nouvelle alliance restait un concept qui avait du mal à faire son chemin dans tous les esprits : Galates 2,11-14. Beaucoup de croyants d’origine juive entretenaient en eux l’idée qu’ils conservaient un avantage certain sur ceux d’origine païenne.

- Pour que le fruit de la collecte soit bien accueilli des chrétiens de Jérusalem : v 32. Un tel sujet de prière peut étonner. Vu ce qui a été dit auparavant, il paraît cependant justifié. Il n’est facile pour personne qui se considère comme supérieur, de se trouver dans le besoin et l’obligation d’être soutenu par ceux que l’on tenait jusqu’à présent comme inférieurs. Les difficultés par lesquelles Dieu nous fait passer ont aussi parfois comme objectif de renverser les barrières de séparation naturelles qui nous coupent les uns des autres : Ephés 2,14 ; Gal 3,28

En se recommandant à la prière de ses frères, Paul nous enseigne que, quelle que soit la tâche ou le service qui est devant nous, rien n’est simple ou automatique. Même dans les choses que nous pensons à notre portée, nous avons besoin de nous recommander à Dieu et nous dépendons toujours de Lui pour la réussite de nos entreprises. Que Dieu nous aide à nous en souvenir et à ne pas nourrir de fausses pensées présomptueuses quant à nos capacités réelles d’accomplir nos projet : Jacques 4,13 à 16

4) Salutations personnelles : Ch 16,1 à 16

En terminant sa lettre, Paul tient à adresser ses salutations personnelles à plusieurs chrétiens qui habitent à Rome et qu’il connaît, pour certains, de longue date. Plusieurs enseignements peuvent être tirés de la façon avec laquelle Paul salue ses frères et sœurs dans le Christ :

- Paul se plaît à souligner chez plusieurs leur valeur et ce qu’ils représentent pour lui :
Phoebé : une femme de valeur qui a été une protectrice pour Paul et beaucoup d’autres : v 2
Prisca et Aquilas : ses collaborateurs qui ont plusieurs fois exposé leurs vies pour lui : v 3 ; Actes 18,2.18.26 ;1 Cor 16,19 ; 2 Tim 4,19
Marie, qui s’est donné beaucoup de peine : v 6
Ampliatus, Stachys , Perside, des bien-aimés dans le Seigneur : v 8, 10, 12
Andronicos et Junias qui furent ses compagnons de captivité : v 7
Urbain, son collaborateur dans le Christ : v 9
Apellès, qui a fait ses preuves dans le Christ : v 10
Tryphène et Tryphose qui se sont donnés de la peine dans le Seigneur : v 12

- Paul se plaît ainsi à souligner dans la vie de ses frères les traits marquant de leur nouvelle identité en Christ. Quel trait nous apparaît spontanément lorsque nous pensons ou évoquons nos frères dans la foi ?

Un tiers au moins des personnes mentionnées sont des femmes. Paul souligne la valeur qu’a le service qu’elles apportent et donne des enseignements sur ce que peut être leur rôle dans l’église :
- Phoebé : diaconesse ou ministre de l’église de Cenchrées : v 1
- Prisca, Marie, Tryphène et Tryphose, Perside, la mère de Rufus, Julie, la sœur de Nérée

Plusieurs frères mentionnés sont des parents directs de l’apôtre, pour certains en Christ avant lui :
Andronicos et Junias : v 7
Hérodion : v 11
L’Eglise de Rome n’était pas une église centralisée, mais dispersée dans des maisons : v 5, 10, 11, 14, 15. Bien que se connaissant entre eux, les chrétiens avaient opté pour une organisation souple et légère qui leur permettaient de resserrer les liens de la communion fraternelle et, peut-être, d’échapper plus facilement à la persécution.

5) Dernier avertissement et conclusion de l’épître : 16,17 à 27

Le danger des diviseurs : v 17 à 20

Même dans une église pleine de bonnes dispositions : 15,14 et d’obéissance : 16,19, le risque est là qu’ils s’y introduisent des hommes n’ayant pas le bien des autres ou la gloire de Dieu en tête, mais leurs propres intérêts. Dans plusieurs de ses épîtres, Paul, qui en a eu l’expérience, en avertit les croyants. La division est un des risques majeurs qui, sous l’impulsion d’hommes animés de mauvais motifs, guette l’église : 1 Cor 1,10 ; 11,18 ; 12,25 ; Tite 3,10. Derrière leur action se cache Satan , le grand diviseur : 16,20, celui qui par excellence aime séparer les frères et semer le trouble. Si nous avons la promesse de la victoire finale du Christ et de l’Eglise sur lui : 16,20, dans cette attente nous devons être particulièrement vigilants pour conserver l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix : Ephés 4,1 à 3

Salutations des collaborateurs de Paul à l’église de Rome : v 21 à 23

Les dernières salutations mentionnées nous donne quelques renseignements sur l’entourage de Paul au moment où il écrit cette lettre à ses frères de Rome. Il se trouve ainsi entouré de plusieurs personnes qui lui sont proches et précieuses dans la foi :
- Timothée, son enfant bien-aimé dans la foi : 1 Tim 1,2
- Tertius, son secrétaire particulier : v 22. Souvenons-nous que Paul souffrait d’une affection des yeux : Galates 4,15
- Plusieurs proches parents : Lucius, Jason , Sosipater : v 21
- Gaïus chez qui Paul logeait, ce qui nous fait penser qu’il écrit depuis Corinthe : v 23 ; 1 Cor 1,15
- Eraste, le trésorier de la ville et Quartus : v 23

Doxologie finale : v 25 à 27

Paul termine son épître par une dédicace. C’est à Dieu qu’Il veut rendre gloire pour l’Evangile dont il est le proclamateur, un Evangile qui a le pouvoir, non seulement de sauver, mais encore d’affermir dans la foi tous ceux qui y adhèrent. Il nous en rappelle pour conclure à la fois la teneur et la gloire. L’Evangile est pour lui :
- la bonne nouvelle qui a pour centre la Personne de Jésus-Christ : v 25
- la révélation d’un mystère caché depuis des siècles : v 25
- le cœur même de toute l’Ecriture prophétique : v 26 ; Jean 5,39
- le message universel à proclamer à toutes les nations : v 26
-le moyen unique de restaurer la relation entre Dieu et l’homme rompue par le péché : l’obéissance de la foi : v 26 ; Rom 1,5

A Dieu, seul sage, soit la gloire par Jésus-Christ pour toujours. Amen !

Romains 15,14 à 16,27

Texte biblique

Partage personnel de Paul

Pour ce qui vous concerne, mes frères, je suis moi–même persuadé que vous êtes pleins de bonnes dispositions, remplis de toute connaissance, et capables de vous exhorter les uns les autres. Cependant, à certains égards, je vous ai écrit avec une sorte de hardiesse, comme pour réveiller vos souvenirs, à cause de la grâce que Dieu m’a faite d’être ministre de Jésus–Christ parmi les païens, m’acquittant du divin service de l’Evangile de Dieu, afin que les païens lui soient une offrande agréable, étant sanctifiée par l’Esprit–Saint. J’ai donc sujet de me glorifier en Jésus–Christ, pour ce qui regarde les choses de Dieu. Car je n’oserais mentionner aucune chose que Christ n’ait pas faite par moi pour amener les païens à l’obéissance, par la parole et par les actes, par la puissance des miracles et des prodiges, par la puissance de l’Esprit de Dieu, en sorte que, depuis Jérusalem et les pays voisins jusqu’en Illyrie, j’ai abondamment répandu l’Evangile de Christ. Et je me suis fait honneur d’annoncer l’Evangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui, selon qu’il est écrit : Ceux à qui il n’avait point été annoncé verront, Et ceux qui n’en avaient point entendu parler comprendront. C’est ce qui m’a souvent empêché d’aller vers vous.
Projet de Paul
Mais maintenant, n’ayant plus rien qui me retienne dans ces contrées, et ayant depuis plusieurs années le désir d’aller vers vous, j’espère vous voir en passant, quand je me rendrai en Espagne, et y être accompagné par vous, après que j’aurai satisfait en partie mon désir de me trouver chez vous. Présentement je vais à Jérusalem, pour le service des saints. Car la Macédoine et l’Achaïe ont bien voulu s’imposer une contribution en faveur des pauvres parmi les saints de Jérusalem. Elles l’ont bien voulu, et elles le leur devaient ; car si les païens ont eu part à leurs avantages spirituels, ils doivent aussi les assister dans les choses temporelles. Dès que j’aurai terminé cette affaire et que je leur aurai remis ces dons, je partirai pour l’Espagne et passerai chez vous. Je sais qu’en allant vers vous, c’est avec une pleine bénédiction de Christ que j’irai. Je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus–Christ et par l’amour de l’Esprit, à combattre avec moi, en adressant à Dieu des prières en ma faveur, afin que je sois délivré des incrédules de la Judée, et que les dons que je porte à Jérusalem soient agréés des saints, en sorte que j’arrive chez vous avec joie, si c’est la volonté de Dieu, et que je jouisse au milieu de vous de quelque repos. Que le Dieu de paix soit avec vous tous ! Amen !
Salutations
Je vous recommande Phoebé, notre sœur, qui est diaconesse de l’Eglise de Cenchrées, afin que vous la receviez en notre Seigneur d’une manière digne des saints, et que vous l’assistiez dans les choses où elle aurait besoin de vous, car elle a donné aide à plusieurs et à moi–même. Saluez Prisca et Aquilas, mes compagnons d’œuvre en Jésus–Christ, qui ont exposé leur tête pour sauver ma vie ; ce n’est pas moi seul qui leur rends grâces, ce sont encore toutes les Eglises des païens.5 Saluez aussi l’Eglise qui est dans leur maison. Saluez Epaïnète, mon bien–aimé, qui a été pour Christ les prémices de l’Asie. Saluez Marie, qui a pris beaucoup de peine pour vous. Saluez Andronicus et Junias, mes parents et mes compagnons de captivité, qui jouissent d’une grande considération parmi les apôtres, et qui même ont été en Christ avant moi. Saluez Amplias, mon bien–aimé dans le Seigneur. Saluez Urbain, notre compagnon d’œuvre en Christ, et Stachys, mon bien–aimé. Saluez Apellès, qui est éprouvé en Christ. Saluez ceux de la maison d’Aristobule. Saluez Hérodion, mon parent. Saluez ceux de la maison de Narcisse qui sont dans le Seigneur. Saluez Tryphène et Tryphose, qui travaillent pour le Seigneur. Saluez Perside, la bien–aimée, qui a beaucoup travaillé pour le Seigneur. Saluez Rufus, l’élu du Seigneur, et sa mère, qui est aussi la mienne. Saluez Asyncrite, Phlégon, Hermès, Patrobas, Hermas, et les frères qui sont avec eux. Saluez Philologue et Julie, Nérée et sa sœur, et Olympe, et tous les saints qui sont avec eux. Saluez–vous les uns les autres par un saint baiser. Toutes les Eglises de Christ vous saluent.
Avertissement
Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l’enseignement que vous avez reçu. Eloignez–vous d’eux. Car de tels hommes ne servent point Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre ; et, par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les cœurs des simples. Pour vous, votre obéissance est connue de tous ; je me réjouis donc à votre sujet, et je désire que vous soyez sages en ce qui concerne le bien et purs en ce qui concerne le mal. Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus–Christ soit avec vous !
Dernières salutations et conclusion
Timothée, mon compagnon d’œuvre, vous salue, ainsi que Lucius, Jason et Sosipater, mes parents. Je vous salue dans le Seigneur, moi Tertius, qui ai écrit cette lettre. Gaïus, mon hôte et celui de toute l’Eglise, vous salue. Eraste, le trésorier de la ville, vous salue, ainsi que le frère Quartus. Que la grâce de notre Seigneur Jésus–Christ soit avec vous tous ! Amen ! A celui qui peut vous affermir selon mon Evangile et la prédication de Jésus–Christ, conformément à la révélation du mystère caché pendant des siècles, mais manifesté maintenant par les écrits des prophètes, d’après l’ordre du Dieu éternel, et porté à la connaissance de toutes les nations, afin qu’elles obéissent à la foi, à Dieu, seul sage, soit la gloire aux siècles des siècles, par Jésus–Christ ! Amen !

Analyse de Romains 12,1 à 15,13

LA VIE PAR LA FOI : PARTIE PRATIQUE
LES NOUVELLES RELATIONS DU CHRETIEN

Avec le chapitre 12 de l’épître, Paul ouvre le 3ème grand volet de l’exposé qu’il fait aux chrétiens de Rome de son Evangile (l’Evangile qu’il prêche : Rom 2,16). Après avoir démontré, Bible en main, que la justice de Dieu ne pouvait s’obtenir que par la foi : Rom 5,1, que la vie de sainteté qui en découlait ne pouvait être vécue que par l’Esprit : Rom 8,1, Paul aborde le côté pratique des choses pour souligner comment cette vie nouvelle reçue de Dieu doit se manifester dans tous les niveaux de relations du croyant.

1er niveau de relation : avec Dieu : v 1 et 2

L’œuvre de Dieu en nous ayant pour but d’affranchir nos membres de la domination du péché : Rom 5,12-13, c’est, en toute logique, par l’offrande de notre corps à son service que Dieu s’attend à ce que nous Lui rendions le culte d’adoration qui Lui est dû. Notre corps, autrefois instrument docile du péché, doit devenir instrument volontaire de la justice. Paul envisage ce don de notre corps à Dieu, en réponse au don du corps de Son Fils pour notre péché : cf Héb 10, 5, comme :

Un sacrifice :

Une offrande offerte à Dieu sans retenue. Dieu est ainsi bien plus intéressé par l’usage concret que je fais de mes membres dans la vie de tous les jours que par l’expression de mes belles prières n’exprimant que des intentions à Son égard. Maintes fois Jésus soulignera pour le disciple la nécessité d’être radicalement conséquent dans ces actes avec la conviction intérieure que donne l’Esprit : Mat 5,27 à 30. Paul souligne par ailleurs la portée catastrophique de certains péchés du corps pour la vie spirituelle : 1 Cor 6,12 à 20. Lèvres qui confessent Son nom : Hébr 13,15, pieds qui se hâtent de servir la cause de l’Evangile : Ephés 6,15 ; Rom 10,15, mains qui servent le Seigneur et les autres : Jean 13,12 à 15, nos membres sont les premiers outils au travers desquels l’adoration qui Lui est due peut-être rendue à Dieu.

Un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu.

L’Ancien Testament condamnait avec sévérité l’Israélite qui apportait à Dieu en sacrifice une bête blessée, mutilée ou imparfaite : Deut 17,1 ; 15,19 à 21. A combien plus forte raison était-il impensable d’apporter une bête déjà morte. Ces exigences ordonnées par la loi s’appliquent aussi à la lettre au croyant né de nouveau. Nous ne pouvons offrir à Dieu qu’un sacrifice :

- vivant : rien de l’ancienne nature marquée par la mort ne peut Lui être agréé : Rom 8,7 ; Col 2,13 ; Ephés 2,1 à 3
- saint : nous ne pouvons à la fois pratiquer le péché dans nos corps et vouloir L’honorer dans nos vies. Dieu nous appelle à Le glorifier en vivant dans une sainte séparation du péché : 2 Cor 6,16-18.
- agréable : tous les sacrifices offerts dans l’Ancien Testament devaient être de bonne odeur pour Dieu : Lév 1,9.13.17. La bonne odeur qui convient à Dieu est celle qui monte du sacrifice fait par amour : Jean 12,1 à 8. Dieu est plus attentif à la motivation qui est à la racine de nos actes qu’à leur contenu eux-mêmes : Marc 12,41 à 44 ; Actes 5,1 à 6

Un sacrifice qui est le produit d’une intelligence renouvelée :

Si le péché et le diable obscurcissent l’intelligence : Ephés 4,18 ; 2 Cor 4,4 ; Rom 1,21, une des œuvres principales de l’Esprit est de l’éclairer de manière à ce que le croyant sache et comprenne tout ce qu’Il a reçu de Dieu par Sa grâce, mais aussi désormais tout ce qu’Il attend de Lui : Ephés 1,15 à 19 ; 5,17. Les standards auxquels se soumet le croyant dans sa vie pratique ne doivent plus être ceux qui sont dictés par l’esprit du monde : 1 Jean 2,15 à 17. Le croyant est appelé à vivre dans une nouvelle mentalité, celle que par l’Esprit et la Parole, Dieu veut modeler en Lui . Son mot d’ordre doit désormais être le même que celui de Jésus à Gethsémané : Père, non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux : Mat 26,39.

2ème niveau de relation : entre frères : v 3 à 21 :

Après notre relation avec Dieu, c’est essentiellement entre frères et sœurs en Christ que doit se révéler la portée de l’œuvre de la grâce dans nos vies. Jésus nous l’a rappelé par l’exemple concret de service le plus humble qu’Il a rendu à Ses disciples peu de temps avant Sa mort : Jean 13,1 à 5. Il a souligné pour chacun la nécessité, non seulement de L’appeler Seigneur, mais, en tant que tel, de Le suivre dans le rôle et la position de serviteur qu’Il a pris pour nous : Jean 13,14. Il a rappelé enfin que cet exemple qu’Il leur avait donné devait se transformer dans leurs vies en un commandement : Jean 13,34. Ce n’était qu’au prix de la pratique de ce commandement que, dit-Il, leur témoignage communautaire pourrait être crédible pour le monde : Jean 13,35.

L’amour étant notre mot d’ordre dans nos relations fraternelles, comment concrètement pouvons-nous le vivre ? Paul nous donne ici plusieurs enseignements pratiques à ce sujet :

Un principe de base : l’humilité : Rom 12,3

L’humilité, c’est la juste appréciation de soi. Elle est ainsi à la fois le contraire de l’orgueil (l’élévation de soi) et de la dépréciation de soi. L’humble peut être ce qu’il est, non à cause de sa propre valeur, mais parce qu’il sait que c’est de Dieu qu’Il a reçu la place et les dons par lesquels il vit et fait ce qu’il fait : ex : Mat 3,13 à 15. L’humilité ne nous conduit jamais au refus des responsabilités, mais nous enseigne plutôt, dans ce cadre, à ne pas aller au-delà du rôle que Dieu nous a confié. L’homme humble n’a jamais comme ambition d’être le premier : 3 Jean 9 ou le plus important d’un groupe : Luc 22,24 à 27. S’il le devient, il sait qu’il le doit, non à lui-même, mais à la grâce de Dieu seule : 1 Cor 15,8-9. Pour lui, se considérant lui-même, il se voit plutôt digne de la dernière place que de la première : 1 Tim 1,15-16.

Une réalité à prendre en compte : la volonté divine de la diversité : Rom 12,4-6

Aussi doué et complet puisse paraître un homme, personne, dans le corps de Christ, ne peut prétendre à lui seul posséder tous les dons ou cumuler toutes les fonctions. Au contraire, dit Paul : Dieu a disposé le corps de manière à ce que ses parties les plus faibles soient nécessaires aux plus fortes : 1 Cor 12,21-22. Nous devons donc accepter la diversité, faite à la fois de complémentarité (tous n’ont pas la même fonction : v 4) et de dépendance à l’égard des autres (j’ai besoin d’eux : 1 Cor 12,21), pour la réalisation même des projets que Dieu nous met à cœur. C’est dans la pratique de cette réalité qu’apparaît le plus nettement dans l’Eglise la soumission de chacun au seul Chef et à la seule Tête possible : le Christ : Ephés 1,22 ; 4,15-16 ; 5,23 ; Col 1,18 ; 2,19.

Une volonté : celle d’être sérieux et appliqué dans l’exercice de ses responsabilités : Rom 12,6 à 8

Sept activités (la liste n’est pas exhaustive) sont énumérées ici pour illustrer le propos de l’apôtre. Pour chacune d’entre elles, Paul indique l’attitude qui doit présider au service rendu ou au ministère exercé. Son objectif au travers de ses exhortations est de montrer que l’on ne remplit bien son rôle et que l’on ne sert bien les autres qu’à condition d’être entier, sérieux, appliqué, fidèle dans la tâche qui nous est confiée. Pour être un bon serviteur :

le prophète, celui qui parle au nom du Seigneur, doit être nourri de la connaissance de la Parole et de la pensée de Dieu. Plus que tout autre, il doit savoir ce qu’est la saine doctrine : 1 Tim 4,6 ; 6,3 ; 2 Tim 4,3 ; Tite 2,1, le sain enseignement que Jésus, par le Saint-Esprit, a laissé aux Siens pour qu’il soit cru : Jean 16,13 à 15.
le serviteur doit être consacré (tout entier) à son service
celui qui enseigne à son enseignement
celui qui encourage à l’encouragement
celui qui donne doit le faire avec générosité
celui qui dirige avec empressement
celui qui exerce la compassion avec joie.

Pour Dieu la qualité du service que nous accomplissons est plus importante que le service lui-même.

Les attitudes inspirées par l’amour : v 9 à 21

L’amour étant, avons-nous dit, le mot d’ordre principal laissé par le Seigneur aux Siens, Paul décline, par ce florilège d’exhortations, tous les tons et toutes les nuances qu’il peut prendre selon le public auquel il est appelé à se manifester :

- envers les frères : c’est là qu’il révèle le mieux la multiplicité de ses facettes :

°l’authenticité : v 9 : les relations entre frères doivent dépasser le stade des convenances. Notre affection pour eux doit les porter, dans notre cœur, au-dessus des sentiments que nous éprouvons même pour nos plus proches, s’ils sont incroyants : Mat 12,46 à 50. Un amour si fort qu’il n’échappe pas également au devoir de vérité, si nécessaire : Prov 17,17 ;27,6.
°l’horreur du mal et sa manifestation positive : l’attachement fort au bien : v 9
°l’affection, la tendresse fraternelle : v 10a
°la considération mutuelle : v 10b : l’amour se réjouit quand les autres sont reconnus et honorés
°le zèle et l’enthousiasme : v 11a : l’amour de Dieu ne connaît pas de demi-mesure. Il est toujours entier dans son expression pour les autres.
°la ferveur d’esprit : v 11b : l’amour fait toujours preuve de motivation profonde
°le service volontaire : v 11c : en servant nos frères, c’est en fait le Seigneur auquel ils appartiennent que nous servons.
°la joie de l’espérance : v 12 a : le fruit de l’Esprit, c’est l’amour puis la joie… : Gal 5,22
°l’endurance dans l’épreuve : v 12b : l’amour supporte tout : 1 Cor 13,7
°la persévérance dans la prière : v 12c
°la solidarité, la générosité pratique, l’hospitalité : v 13 : un cœur ouvert, c’est aussi souvent une maison et une main ouvertes aux besoins des autres

- dans la vie sociale :

°face aux ennemis : v 14, 17 à 21 : l’amour ne se venge pas ou ne souhaite pas le mal. Il ne peut que souhaiter le bien : Luc 23,34. Utiliser les mêmes armes que nos adversaires, ce serait manifester que, comme eux, nous ne sommes pas capables de triompher du mal. C’est pourquoi, laissant la vengeance à Dieu qui, seul, est habilité à l’exercer : v 19, le croyant, loin de rester passif, s’attachera à renverser le cours des choses pour détruire dans le cœur de son ennemi la raison même de son hostilité envers lui. Comme l’a dit très justement quelqu’un :

Rendre le bien pour le bien, c’est humain
Rendre le mal pour le mal, c’est bestial
Rendre le mal pour le bien, c’est diabolique
Rendre le bien pour le mal, c’est divin.
- face aux heureux et malheureux de la terre : v 15 et 16

L’amour n’étant pas égocentrique sait s’associer aux joies et aux souffrances des autres. Cette sympathie pour ce que vivent les autres et les affecte était une des marques les plus saillantes du caractère du Christ : Luc 7,13 ; 10,33 ; Mat 9,36. Une qualité que Paul associe également à l’humilité. Ne se baisse pour compatir et soulager la misère des autres que celui en qui l’orgueil n’a pas cours. " L’amour est l’épi mûr qui se courbe et rejoint ainsi l’autre : C-L de Benoît. "

3ème niveau de relation : les autorités représentatives de l’Etat : 13,1 à 7 :

Le Christ étant devenu le Seigneur à qui le croyant se soumet, est-ce à dire que celui-ci n’ait plus à se soumettre à aucun autre pouvoir, en particulier à ceux qui sont à la tête de l’Etat ou des gouvernements humains ? Non ! L’apôtre réfute cette idée pour 3 raisons :

L’autorité est un principe qui existe en Dieu :

L’autorité de Dieu est le principe par lequel Il exerce Son pouvoir et Sa domination sur les êtres : Mat 6,13 ; Daniel 4,31 ; Psaume 145,13. C’est parce que Dieu a tout créé, qu’Il est l’origine et la tête de tout, qu’Il a aussi droit d’autorité sur tout : Apoc 4,9 à 11. L’autorité dans la Bible tient d’abord à la position et à la place qu’on occupe. C’est celui qui est à la tête d’une chose qui a l’autorité première sur elle : Col 1,18 ; Ephés 5,23 ; Mat 8,5 à 9 (Jésus loue le centenier pour sa compréhension et l’application dans sa vie du principe d’autorité) ; Rom 5,12 ; 1 Cor 4,15. Ce principe d’autorité n’est pas vécu par Dieu seulement dans ses relations avec les êtres créés, mais à l’intérieur même de la Divinité : 1 Cor 15,24 à 28. L’harmonie du monde ne sera rétablie que lorsque le principe d’autorité de Dieu sera de nouveau reconnu par tous les êtres.

Toutes les autorités qui existent ont été instituées par Dieu : Rom 13,1

Les anges le savent et ne se permettent pas d’injurier les autorités célestes déchues : Jude v 8 et 9. David le comprit et refusa, bien qu’il en avait la possibilité, d’attenter à la vie de Saül, l’élu déchu de Dieu : 1 Samuel 24,1 à 13. Jésus lui-même reconnaîtra ce fait en payant les impôts dus à l’Etat romain et en incitant Ses compatriotes à le faire : Mat 17,24 à 27 ; 22,15 à 22 ; cf Jean 19,8 à 11. Il est notoire que, malgré les droits légitimes que lui conférait Son autorité de Fils de Dieu, Jésus n’ait jamais pris part à une quelconque rébellion contre les autorités en place.

Les autorités en place sont représentatives de l’autorité de Dieu : Rom 13,2 à 5 :

L’autorité, même si elle est imparfaite, est représentative du bien : v 3. En nous soumettant à l’autorité, ce n’est pas à l’homme qui la représente que nous nous soumettons, mais au principe du bien que défend l’institution de l’autorité dans la société. Le respect de l’autorité est le fondement d’une vie sociale harmonieuse. La rébellion organisée contre l’autorité est l’œuvre du diable dont le produit humain final sera l’Antichrist ou le Sans-loi : 2 Thes 2,8.

L’autorité, même si elle est imparfaite, est représentative de la justice : v 4.
Elle exprime déjà de manière partielle la colère de Dieu contre le mal et invite à la crainte. Absente dans la période qui précédait le déluge, c’est à l’initiative de Dieu pour limiter les progrès du mal que l’on doit l’institution du système judiciaire dans le monde entier : Genèse : 9,5-6. La désobéissance civile n’est permise dans la Bible que lorsque les lois humaines contraignent à la désobéissance à la loi de Dieu qui lui est supérieure : Actes 4,18-19

L’obéissance à l’autorité humaine ne doit pas être chez le chrétien forcée, mais volontaire. Elle est une affaire de conscience et d’obéissance, non d’abord aux hommes, mais à Dieu : v 5.

Bien que citoyens du ciel : Phil 3,20, les chrétiens devraient être parmi les meilleurs citoyens de la terre, s’acquittant de leurs devoirs envers l’Etat avec honnêteté, intégrité et manifestant envers les autorités le respect dû à leur rang : v 6 ; Actes 23,1 à 5.

Devoirs et perspectives du chrétien dans ce monde : Rom 13,8 à 14 :

Toujours dans le thème de la vie que le chrétien est appelé à mener dans le monde, l’apôtre Paul exprime ici les deux principes qui doivent marquer sa conduite au cours de son pèlerinage parmi les hommes et sur la terre :

1er principe : le devoir de l’amour envers tous : v 8 à 10

C’est le niveau minimal requis par Dieu et par la loi. L’amour n’est pas dans la vie du croyant né de nouveau une option, mais un commandement et une dette. Ayant été aimé par Dieu au point que, alors que nous étions encore Ses ennemis, Il ait sacrifié Son Fils : Rom 5,8, Dieu considère que le minimum que le chrétien puisse faire pour rendre aux autres cet amour reçu est de les aimer au moins autant qu’il s’aime lui-même. La règle d’or de la conduite chrétienne a été formulée par Jésus Lui-même à Ses disciples : Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le pour eux : c’est là la Loi et les prophètes : Mat 7,12. Dans la pensée de Paul ce commandement d’aimer passe par la nécessité première d’annoncer l’Evangile du salut à tout homme : Rom 1,14-15 ; 1 Cor 9,16

2ème principe : vivre dans l’attente du retour prochain du Christ : v 11 à 14

Ce devoir d’amour envers tous, dit Paul, est d’autant plus urgent que le temps du retour du Christ s’approchera. Ce temps sera aussi le temps où les ténèbres dans l’humanité seront à leur apogée : v 12, temps où l’amour du plus grand nombre sera refroidi : Mat 24,12. Dans cette perspective, le chrétien est appelé à un double mouvement complémentaire :

- se dépouiller de toutes les œuvres des ténèbres et de la chair : v 12 et 13. Il doit ainsi couper radicalement avec ce qui, de plus en plus autour de lui, constitue le seul passe-temps et la seule préoccupation de ses contemporains : 2 Tim 3,13 ; 2 Pierre 2 : la satisfaction de tous les désirs et de toutes les convoitises humaines.

- revêtir le Seigneur Jésus-Christ et les armes de la lumière : v 13 et 14. Le mot d’ordre du chrétien doit être de vivre comme en plein jour et dans la lumière. Il doit rejeter tout ce qui est honteux et que les hommes mauvais font en se cachant : 2 Cor 4,2 ; Rom 6,21. Il doit viser à ne rien faire qui, dans sa vie, ne puisse supporter le regard du Saint ou celui des autres : Ephés 1,4 ; Phil 1,10 ;2,15 ; 1 Thes 3,13. Sa norme comportementale à laquelle il doit tendre doit être, non le correct, mais l’irréprochable.

De manière pratique, l’apôtre indique le chemin d’accès du croyant à une telle vie. En toutes circonstances, à tout moment, il doit appliquer le principe de refus de prise en compte des désirs de la chair. Plus le chrétien se concentre sur le mal qui est en lui, soit pour le combattre, soit pour s’y complaire, plus celui-ci le domine. Etant mort avec Christ, le chrétien doit faire mourir (ne pas tenir compte, cesser de se préoccuper) les désirs et les aspirations de la chair : Col 3,3 à 7. Il doit refuser de donner vie à ce que Dieu considère et déclare en lui déjà mort par Jésus-Christ : Gal 5,24.

Les forts et les faibles dans l’Eglise : Rom 14,1 à 15,13 :

Paul revient dans cette section aux relations nouvelles que les chrétiens doivent apprendre à développer entre eux, en abordant un sujet qui, s’il n’est pas bien traité, risque d’être l’un de ceux qui peut être le plus porteur d’incompréhensions, de jugements mutuels hâtifs et de divisions dans l’Eglise : la questions des forts et des faibles dans la foi.

Les faibles et les forts : identités :

Bien qu’étant unis sur les questions relatives à leur salut (Ch 1 à 5) et la nécessité de la marche par le Saint-Esprit pour vivre la vie chrétienne (Ch 6 à 8), les chrétiens peuvent avoir des divergences d’opinions : v 1, sur des points secondaires de la vie liés au comportement. Ces différences font que les croyants d’une même église, unis sur le fond et l’essentiel, peuvent cependant se séparer en deux groupes :

1er groupe : les faibles dans la foi : ce sont, selon Paul, des chrétiens :

- scrupuleux sur le plan de la conscience : voir 1 Cor 8,12. Façonnés par un arrière-plan religieux ou culturel différent des autres, certains chrétiens de Rome, sans doute d'origine juive, n’arrivaient pas à se libérer entièrement des obligations de la loi à laquelle, en Christ, ils n’étaient plus obligés d’être soumis. Ils continuaient donc à considérer certains jours comme sacrés (les jours de fêtes juives, le jour du sabbat…) et ne mangeaient que des légumes, la viande leur apparaissant comme un aliment impur (bien que la loi ne tienne pas ce langage).

- limités dans leur liberté : v 2b : ne mange que… Vivant sous le joug de certains interdits qu’ils s’imposaient dans leur désir de plaire à Dieu, les chrétiens faibles de Rome se trouvaient séparés de leurs frères en la foi plus libres qu’eux dans leurs consciences.

2ème groupe : les forts dans la foi : ce sont, selon Paul, des chrétiens :

- qui n’ont pas de scrupule de conscience pour les questions qui bloquent leurs frères faibles. Dans les faits, Paul leur donne raison : 14,14. Les scrupules de conscience qu’un chrétien peut avoir dans un domaine qui ne peut être, par nature, défini comme mauvais, ne concernent que lui. Dans le Christ, rien de ce que Dieu nous donne dans la nature n’est mauvais en soi : 1 Tim 6,17 ; Tite 1,15. Le chrétien fort correspond donc, dans la pensée de Paul, à celui qui est normal (qui vit selon la norme voulue par Jésus-Christ).

- qui jouissent d’une liberté totale dans les domaines qui limitent leurs frères faibles : v 2a : mange de tout… Les chrétiens forts ont su faire la juste part des choses entre ce qui était réellement mauvais et dont ils devaient s’abstenir et le reste qui, dans une certaine culture ou à cause d’un certain arrière-plan, pouvait passer pour mauvais sans l’être en réalité.
Différente dans la forme, la question des divergences d’opinions entre chrétiens sur des choses secondaires pouvant entraîner un risque de divisions, est toujours d’actualité. Elle peut apparaître dans le domaine :

. de la nourriture : les convictions végétariennes existent toujours chez certains chrétiens ; ou la question du porc chez d’anciens musulmans
. vestimentaire : la question du voile dans les églises et chez les chrétiennes d’origine musulmane, mais aussi dans la vie de tous les jours ou dans des moments de loisirs : piscine, bord de mer…
. des loisirs : un chrétien peut-il avoir la télé, une grosse voiture, être propriétaire, une maison secondaire, partir en vacances d’hiver ou d’été, écouter telle ou telle musique, avoir telle ou telle passion…
. de l’expression corporelle : la place du mime, de la danse, du théâtre, le fait de frapper les mains dans l’église…

Notons que s’il y a des faibles et des forts dans l’église, il existe surtout des domaines dans lesquels les uns seront plus faibles et les autres plus forts et vice-versa.

Les faibles et les forts : le risque :

Après avoir posé le problème séparant les chrétiens entre faibles et forts, Paul en vient à la question qui, au-delà des faits, est la cause majeure du risque de division entre les deux parties : l’attitude de chaque groupe à l’égard de l’autre :

- les faibles dans la foi : convaincus du bien-fondé de leur rigidité et de leur capacité de renoncement plus grande, les chrétiens faibles courent le risque de se poser en juges de la liberté de leurs frères qu’ils estiment alors moins spirituels qu’eux : v 3b. Venant des faibles, le risque de division se produit lorsque, dépassant le cadre du domaine privé et personnel, ils en viennent à mesurer la spiritualité des autres à leur liberté sur les questions secondaires sur lesquelles ils sont sensibles.

Notons que si quelque chose nous paraît excessif dans l’usage qu’un frère fait de sa liberté, nous devons avoir toute la liberté de lui poser nos questions, ou lui faire part de nos craintes ou points de vue. Le respect des autres passe par le refus du jugement, pas par celui du souci de leur bonne marche spirituelle.

- les forts dans la foi : convaincus du non-sens des scrupules de leurs frères plus faibles, les chrétiens forts dans la foi courent le risque de pécher en méprisant leurs frères plus étroits qu’eux dans l’exercice de leur liberté : v 3a. Venant des forts, le risque de division se produit lorsque, ne respectant pas la sensibilité des autres, ils agissent à leur égard comme si leurs scrupules n’étaient que de l’étroitesse d’esprit et non un réel cas de conscience pour eux.
Les faibles et les forts : traitement :

Sans donner raison à l’un ou l’autre des partis, Paul donne ici de multiples directives, inspirées par l’amour, pour aider les chrétiens forts à vivre avec les faibles et vice-versa :

- 1ère directive : l’accueil réciproque : 14,1 ; 15,7 :

Derrière la personne qui pense autrement que moi dans un domaine secondaire de la vie chrétienne, il y a un frère ou une sœur en Christ. Ce caractère fort de notre identité commune doit passer, dans ma manière d’accueillir l’autre, avant toute autre considération. Où serait la diversité que Dieu a voulu dans l’Eglise et comment les incroyants pourraient-ils voir que les chrétiens s’aiment vraiment si, dans une assemblée, la pensée des chrétiens et leur comportement sont uniformes dans tous les domaines : Jean 13,35 ; Ephés 3,10.

- 2ème directive : le refus de la polémique : 14,1 :

Reconnaissant à mon frère ou ma sœur le droit de penser autrement, Paul engage les croyants à ne pas entrer dans des discussions vaines et des disputes de mots qui ne font qu’aggraver entre frères le sentiment de différence existant : 2 Tim 2,14. Parce que basée sur le raisonnement seulement, la discussion ne peut que conduire à ériger des murs de plus en plus grands entre les uns et les autres : cf 2 Cor 10,5. Celle-ci est d’autant plus nocive que les uns ou les autres trouveront toujours dans la Parole de Dieu des textes pour appuyer leurs points de vue particuliers, au risque d’en tordre le sens : 2 Pier 1,20 ; 3,16. A la place de la discussion motivée par le désir d’avoir raison contre son frère, Paul préconise une autre attitude, inspirée par l’amour :

- 3ème directive : la tolérance mutuelle : 14,2 à 12 :

Autant le chrétien fort doit bannir le mépris envers son frère faible, autant le frère faible doit se garder de juger son frère fort : v 3, v 10. Ceci pour 3 raisons au moins :

Ce n’est pas d’abord à leurs frères que les croyants ont à rendre compte, mais à Dieu à qui ils appartiennent : v 4. Qui sommes-nous pour juger de la spiritualité des autres ? Si mon frère doit être affermi dans un domaine, n’est-ce pas d’abord au Seigneur, à qui il appartient, qu’il revient de le faire ? Gardons-nous de vouloir en toutes choses être la conscience des autres (limite est donnée par la Parole elle-même à cette application : 1 Cor 5,1 à 5.9 à 13).

Avant le comportement, ce qui compte pour Dieu est la motivation qui est à la racine de nos actes : v 5 à 8. Si l’homme regarde à l’apparence et à ce qui frappe les yeux, l’Eternel regarde au cœur : 1 Sam 16,7. Dieu ne voit aucun mal à la conduite d’un homme qui se prive volontairement de quelque chose par amour pour Lui. De même, Il se réjouit lorsqu’un croyant, Le bénissant et Le remerciant, jouit d’une liberté qu’Il lui octroie. L’important est que chacun dans ce qu’il fait soit pleinement convaincu : v 2 et 23 et n’agisse pas par simple copie ou imitation des autres : Gal 2,11 à 14, mais qu’il le fasse dans l’optique d’obéir ou de plaire au Seigneur : v 6 à 8.

Fort ou faible, nous aurons tous un jour à rendre compte de notre conduite dans la chair devant le tribunal de Dieu : v 10. C’est à cette perspective que chacun doit se préparer, plutôt qu’à celle de plaire à son frère, sachant que chacun devra rendre compte pour lui-même de sa vie : cf 1 Cor 3,10 à 15.

- 4ème directive : la recherche prioritaire de ce qui construit : 14,13 à 22 ; 15,1-2

Si le fort doit être soucieux du faible, cela doit l’être pour son bien. Dans son amour pour lui, étant plus fort, il fera l’effort :
- de ne rien faire qui puisse causer la chute de son frère faible : v 13.20b
- de renoncer à ses convictions bibliquement justes : v 14.20a
- pour ne pas attrister, gêner, mettre mal à l’aise son frère plus faible : v 15.21
- se souvenir que, pour le royaume de Dieu, ce qui est essentiel est la qualité de notre relation avec Dieu et les autres plus que des détails de la vie courante d’ordre secondaire : v 17 et 18
- de veiller à garder pour le cadre privé le plein exercice de sa liberté : v 22.

5ème directive : s’inspirer de l’exemple du serviteur parfait : Christ : 15,2 à 12 :

Si quelqu’un était fort dans l’Esprit, c’était bien le Christ. Pourtant Jésus ici-bas n’a rien fait qui puisse servir en premier Ses intérêts :

- au service de Dieu, Il a pris sur Lui les coups et les insultes que les hommes, dans leur rébellion, Lui destinaient : v 3.

- au service des hommes, Il a accompli les promesses faites aux pères pour tout Israël : v 8, en même temps qu’Il ouvrait, par sa grâce, la porte du salut aux nations : v 9 à 12.

Il a, par Son incarnation et Son sacrifice, établi la paix avec Dieu pour ceux qui étaient loin (les païens) et pour ceux qui étaient près (les juifs) : Ephés 2,14 à 18. Il est allé aussi loin qu’Il le fallait pour, par Son amour, gagner tous à Dieu ! Pour cela, Il dut accepter de faire, non ce qui Lui plaisait, mais ce qui était utile au dessein de Dieu et constructif pour chacun : 15,2-3. C’est Son exemple d’amour que nous sommes appelés à imiter dans nos relations fraternelles entre forts (ce que le Christ était) et faibles (ce que nous étions).

Romains 12,1 à 15,13

Texte biblique

La consécration du chrétien

Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.
Un parmi d'autres
Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui–même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun. Car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres. Puisque nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée, que celui qui a le don de prophétie l’exerce selon l’analogie de la foi ; que celui qui est appelé au ministère s’attache à son ministère ; que celui qui enseigne s’attache à son enseignement, et celui qui exhorte à l’exhortation. Que celui qui donne le fasse avec libéralité ; que celui qui préside le fasse avec zèle ; que celui qui pratique la miséricorde le fasse avec joie.
L'amour en action
Que la charité soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur ; attachez–vous fortement au bien. Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres ; par honneur, usez de prévenances réciproques. Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur. Réjouissez–vous en espérance. Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière. Pourvoyez aux besoins des saints. Exercez l’hospitalité. Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas. Réjouissez–vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent. Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez–vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez point vous–mêmes, bien–aimés, mais laissez agir la colère ; car il est écrit : A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne–lui à manger ; s’il a soif, donne–lui à boire ; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête.21 Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien.
Attitude envers les autorités civiles
Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux–mêmes. Ce n’est pas pour une bonne action, c’est pour une mauvaise, que les magistrats sont à redouter. Veux–tu ne pas craindre l’autorité ? Fais–le bien, et tu auras son approbation. Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains ; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience. C’est aussi pour cela que vous payez les impôts. Car les magistrats sont des ministres de Dieu entièrement appliqués à cette fonction. Rendez à tous ce qui leur est dû: l’impôt à qui vous devez l’impôt, le tribut à qui vous devez le tribut, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur.
Amour et lumière
Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet, les commandements : Tu ne commettras point d’adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu’il peut encore y avoir, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi–même. L’amour ne fait point de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi. Cela importe d’autant plus que vous savez en quel temps nous sommes : c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru. La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons–nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière.1 Marchons honnêtement, comme en plein jour, loin des excès et de l’ivrognerie, de la luxure et de l’impudicité, des querelles et des jalousies. Mais revêtez–vous du Seigneur Jésus–Christ, et n’ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises.
Faibles et forts
Faites accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas sur les opinions. Tel croit pouvoir manger de tout : tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes. Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu l’a accueilli. Qui es–tu, toi qui juges un serviteur d’autrui ? S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir. Tel fait une distinction entre les jours ; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine conviction. Celui qui distingue entre les jours agit ainsi pour le Seigneur. Celui qui mange, c’est pour le Seigneur qu’il mange, car il rend grâces à Dieu ; celui qui ne mange pas, c’est pour le Seigneur qu’il ne mange pas, et il rend grâces à Dieu. En effet, nul de nous ne vit pour lui–même, et nul ne meurt pour lui–même. Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. Car Christ est mort et il a vécu, afin de dominer sur les morts et sur les vivants. Mais toi, pourquoi juges–tu ton frère ? ou toi, pourquoi méprises–tu ton frère ? puisque nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu. Car il est écrit : Je suis vivant, dit le Seigneur, Tout genou fléchira devant moi, Et toute langue donnera gloire à Dieu. Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui–même.
Rechercher la paix, le bien de l'autre
Ne nous jugeons donc plus les uns les autres ; mais pensez plutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d’achoppement ou une occasion de chute. Je sais et je suis persuadé par le Seigneur Jésus que rien n’est impur en soi, et qu’une chose n’est impure que pour celui qui la croit impure. Mais si, pour un aliment, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l’amour : ne cause pas, par ton aliment, la perte de celui pour lequel Christ est mort. Que votre privilège ne soit pas un sujet de calomnie. Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint–Esprit. Celui qui sert Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes. Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle. Pour un aliment, ne détruis pas l’œuvre de Dieu. A la vérité toutes choses sont pures ; mais il est mal à l’homme, quand il mange, de devenir une pierre d’achoppement. Il est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, et de s’abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, de scandale ou de faiblesse. Cette foi que tu as, garde–la pour toi devant Dieu. Heureux celui qui ne se condamne pas lui–même dans ce qu’il approuve !2 Mais celui qui a des doutes au sujet de ce qu’il mange est condamné, parce qu’il n’agit pas par conviction. Tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché. Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas nous complaire en nous–mêmes. Que chacun de nous complaise au prochain pour ce qui est bien en vue de l’édification.
L'exemple du Christ
Car Christ ne s’est point complu en lui–même, mais, selon qu’il est écrit : Les outrages de ceux qui t’insultent sont tombés sur moi. Or, tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Ecritures, nous possédions l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’avoir les mêmes sentiments les uns envers les autres selon Jésus–Christ, afin que tous ensemble, d’une seule bouche, vous glorifiiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus–Christ. Accueillez–vous donc les uns les autres, comme Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. Je dis, en effet, que Christ a été serviteur des circoncis, pour prouver la véracité de Dieu en confirmant les promesses faites aux pères, tandis que les païens glorifient Dieu à cause de sa miséricorde, selon qu’il est écrit : C’est pourquoi je te louerai parmi les nations, Et je chanterai à la gloire de ton nom. Il est dit encore : Nations, réjouissez–vous avec son peuple ! Et encore : Louez le Seigneur, vous toutes les nations, Célébrez–le, vous tous les peuples ! Esaïe dit aussi : Il sortira d’Isaï un rejeton, Qui se lèvera pour régner sur les nations ; Les nations espéreront en lui.1 Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint–Esprit !

vendredi 1 août 2008

Analyse de Romains 9,1 à 11,36

LE SALUT SUR LE PLAN COLLECTIF ET UNIVERSEL

Après avoir répondu dans les huit premiers chapitres à la question : Comment le Dieu saint peut-Il être juste tout en justifiant les pécheurs ? l’apôtre Paul dans les chapitres 9 à 11, aborde une autre question, brûlante pour lui, touchant à la justice de Dieu : Comment ce plan de salut universel de Dieu est-il compatible avec le rejet d’Israël ? L’Evangile, a dit Paul, est destiné premièrement aux Juifs : Rom 1,16 ; Mat 10,6 ;15,24. Le rejet du Christ par Son propre peuple a-t-il anéanti pour jamais sa participation au salut ? Sinon, quel avenir pour Israël ? C’est à toutes ses questions que l’apôtre va tenter de répondre dans cette section de son épître en abordant :

- le passé d’Israël : les conditions de son élection comme peuple de Dieu parmi les nations
- le présent d’Israël : la cause de sa mise à l’écart actuelle du plan de Dieu
- l’avenir d’Israël : sa restauration nationale et sa réintégration dans le plan de Dieu

A) L’élection d’Israël : ses conditions : CH 9,1 à 29

1) Le fardeau de Paul pour son peuple : v 1 à 5

Le fardeau et la tristesse que ressent Paul, au vu de la situation spirituelle de son peuple depuis la venue de Christ, ont une triple raison :

a) Paul lui-même est juif. Les juifs dans leur ensemble sont donc ses frères de sang, ses parents selon la chair : v 3. De plus, pourrait-on dire, il n’est pas n’importe quel juif ; il fut, parmi eux, l’un des plus zélés pour la tradition de ses pères : Phil 3,4 à 6. Sa conversion à Christ, loin de diminuer son amour pour son peuple, l’a au contraire amplifié. Paul souffre ainsi tellement de les voir séparés de Christ que, s’il le pouvait, il ferait le choix d’être lui-même perdu pour qu’ils puissent eux être sauvés : v 3. Souhait insensé ? Mais n’est-ce pas là, d’une certaine manière, ce que Jésus Lui-même a vécu pour nous et pour eux : Gal 3,13.

b) Paul, en tant qu’apôtre des païens, voyait ceux-ci se tourner en masse vers le Christ-Jésus rejeté par son peuple : Rom 11,13 ; Gal 2,8 ; Actes 13,46 à 48. Paul, comme Jésus avant lui, supportait difficilement la haine qu’excitait ce, qu’avec tant d’amour, il essayait par ailleurs de leur apporter : Actes 21,28 ;24,5.

c) Paul connaissait tous les avantages et les privilèges qu’Israël, en tant que peuple élu de Dieu, avait reçu. A cause de leurs positions, les Israélites étaient les mieux préparés à comprendre le message du salut incarné par le Christ, eux qui avaient reçu de Dieu :
- l’adoption : Exode 4,22 ; Deut 14,1-2 ; 1 Sam 12,12b
- la gloire dans laquelle Dieu Lui-même apparaissait : Exode 16,10 ;40,34 ; 2 Chr 5,13-14
- les alliances avec Abraham : Gen 15,18 ;17,7.13, Moïse : Exode 24,8, David : 2 Sam 23,5 ; 2 Chr 13,5
- la loi : Deut 33,2
- le culte : toutes les ordonnances qui y sont relatives : Hébr 9,1
- les promesses : Hébr 7,6 ;11,9.11
- les patriarches : Abraham, Isaac, Jacob, Joseph : Deut 10,15
- le Christ qui est, au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement : Michée 5,1 : Esaïe 9,5

2) Le principe de l’élection : Ch 9,6 à 13

a) un principe de base : v 6 :

Quelle que soit l’impression que les choses nous donnent, la Parole de Dieu, qui est l’expression de Ses engagements, n’est jamais une parole pour rien. Esaïe l’affirme également dans un autre contexte : Esaïe 55,11. L’apôtre exprime de manière indirecte ici ce qui va être ensuite au cœur de son développement sur l’histoire d’Israël en relation avec Dieu : le rejet d’Israël, en tant que témoin de Dieu ici-bas, est temporaire et non définitif.

b) les deux Israël : v 7 à 9 :

Se fondant sur l’histoire des fils d’Abraham, Paul rappelle une vérité maintes fois soulignée dans l’Ecriture : il ne suffit pas de descendre physiquement d’Abraham pour faire partie de la lignée de la promesse. Ismaël comme Isaac furent circoncis, bénéficiaires donc de l’alliance que Dieu avait faite avec leur père : Genèse 17,23 ; 21,4. Mais à Isaac seul fut donné des promesses de bénédiction qui s’étendaient aux générations à venir : Genèse 17,16 à 19. La différence entre les deux fils est explicite : l’un est le fils de la chair, de la décision et de l’initiative de l’homme : Ismaël : Genèse 16,1 à 3 ; l’autre est le fils de la promesse : Genèse 18, 1 à 14. Les vrais fils d’Abraham sont, non d’abord ceux qui sont physiquement nés de lui, mais ceux qui ont la même foi que lui : Galates 3,6-7.29.

Attention ! La même réalité est applicable à nous, peuple de la nouvelle alliance, qu’aux enfants d’Israël. Ni le fait d’être né dans une famille ou une nation chrétienne, ni celui d’être physiquement membre d’une église ou de connaître avec exactitude la parole de Dieu ne sont des privilèges suffisants pour assurer le salut. La foi personnelle reste la condition de base pour une telle assurance : Jean 3,36.

c) l’élection de Jacob : le mystère de la souveraineté de Dieu : v 10 à 13 :

L’élection de Dieu ne relève cependant pas uniquement du domaine de la foi, mais encore de Sa prescience : 1 Pier 1,2 et de Sa souveraineté. Si Isaac et Ismaël étaient tous deux fils d’Abraham, l’un était, par Sara, son fils légitime (Isaac) et l’autre, par la servante Agar, illégitime (Ismaël). Cette différence, qui pourrait jouer dans la raison de l’élection d’Isaac, n’existe plus dans le cas d’Esaü et Jacob, tous deux fils de Rébecca. Deux paroles départagent le sort réservé à l’un et à l’autre devant Dieu, et cela avant même qu’ils soient nés et aient accompli quoi que ce soit :
- à contresens du droit d’aînesse, Dieu favorise Jacob aux dépens d’Esaü : Genèse 25,23
- sans raison apparente, Dieu exprime qu’Il aime Jacob et déteste Esaü : Malachie 1,2

Le choix de l’élection de Dieu dépend donc non seulement de la foi de celui qui en est l’objet, mais encore de la volonté souveraine de Celui qui appelle : v 12. Le sort des hommes est-il pour autant lié aux décisions d'un Dieu arbitraire ? C’est toute la réflexion qu’une telle pensée suggère dont Paul va débattre maintenant.

3) Notre attitude face à la souveraineté de Dieu : v 14 à 29

a) 1er argument : Il n’y a pas et n’y aura jamais d’injustice en Dieu : v 14 à 18

L’idée majeure que Paul défend dans ces versets est que, quelle que soit l’attitude des hommes à Son égard, Il est dans le juste droit de Dieu d’agir envers eux comme Il l’entend. Paul ne cherche pas à justifier Dieu pour l’usage qu’Il fait de Sa liberté : Il l’affirme comme un droit légitime qui Lui appartient en Sa qualité de Souverain. Ainsi, au-delà de la révélation, les histoires qui sont dans la Bible y figurent aussi à titre d’exemples. « Seigneur et gouverneur de l’univers, Dieu distribue comme Il veut les figures de l’échiquier de l’histoire humaine. Il n’impose pas la foi au croyant, ni l’incrédulité aux incroyants. Il laisse à chacun la liberté et l’auto détermination (ex : Mat 23,37 ; Apoc 22,17). Mais du milieu des méchants, Il choisit tel méchant (comme le Pharaon d’Egypte) afin de montrer en lui Son pouvoir de jugement ; tandis que du milieu des croyants, Il choisit tel croyant pour souligner à travers Lui toute l’étendue de Sa bonté (Erich Sauer). » Nul ne peut légitimement demander des comptes à Dieu sur Sa manière d’agir, dans un sens comme dans l’autre : cf Luc 15,25 à 32. Souvenons-nous cependant, en toutes situations, du caractère de Dieu, tel que Lui-même le révèle dans l’Ecriture : Exode 34,6-7.

b) 2ème argument : Qui est l’homme pour oser demander à Dieu de rendre compte de Ses actes : v 19 à 29

L’idée majeure que Paul défend ici est, qu’en tant qu’homme, nous devons accepter de laisser à Dieu certaines prérogatives sans vouloir absolument les comprendre et discuter avec Lui sur le bien-fondé de ces avantages. L’obéissance qui plaît à Dieu est celle qui résulte, non de la raison, mais de la confiance. « Lorsque Dieu exerce Son autorité, Il n’a nul besoin de vous consulter ou de recevoir votre approbation. Il vous demande simplement d’obéir à Son autorité et de reconnaître que si cela vient de Dieu, c’est donc bon… Pour quelle raison êtes-vous sauvés ? L’avez-vous vraiment cherché ? Avez-vous tout fait pour être avec Dieu ? Cependant vous êtes sauvés. C’est la chose la plus belle, et pourtant la moins raisonnable, qui vous soit arrivée… Dieu ne discute jamais. Il fait simplement ce qu’Il a décidé… Il n’a de comptes à rendre à personne, car Ses voies sont bien au-dessus de nos voies : W Nee. »

Paul nous remet donc à notre place. A l’aide d’une illustration, il nous rappelle qui nous sommes et qui est Dieu :
- v 20 : nous ne sommes que de l’argile, de la poussière à qui Dieu a bien voulu donner forme, consistance et vie : Gen 2,7
- v 21 : Il est le Potier qui a toute liberté de faire avec cet argile ce qu’Il veut, en vue de l’accomplissement de Ses desseins .

Cette liberté de Dieu, Paul l’applique à ce qui est arrivé, à la fois aux juifs et aux païens :
- v 22 : si Dieu voulait donner libre cours immédiatement à Sa colère, cela fait longtemps, bien avant que Jésus soit là et meurt, que le peuple juif aurait été rejeté. C’est à Sa patience seule qu’il a dû, au contraire, de pouvoir subsister si longtemps : 1 Thes 2,15-16 ; Rom 2,1 à 5
- v 23 : par contraste, Il manifestera à l’égard des Juifs comme des païens qui ont cru, toute l’étendue de Sa miséricorde

Ce qui est arrivé, par Jésus-Christ, aux juifs comme aux païens n’est finalement rien d’autre que ce que les prophètes eux-mêmes avaient prédit : Rom 9,25 à 29. Le nouveau peuple de Dieu est constitué du reste des Juifs et du grand nombre des païens qui ont cru à la grâce qui leur était annoncée !

B) Le rejet d’Israël : ses causes : Rom 9,30 à 10,21

1) Une chute sur la pierre d’achoppement : 9,30 à 33

La principale cause de rejet des juifs et de leur exclusion temporaire de Son plan est, dit Paul, l’attitude qu’ils ont démontré à l’égard du Christ. Au regard de ce qui s’est passé dans le monde païen et de la façon avec laquelle les juifs ont réagi à l’Evangile, on se trouve dans une configuration des plus étranges :
- v 30 : des païens, qui ne s’inquiétaient nullement d’être justes devant Dieu, se trouvent, par leur foi en Christ, déclarés comme tels.
- v 31 : Israël qui, par la loi, s’efforce constamment de plaire à Dieu et de Lui être agréé, n’y parvient pas. Il passe donc à côté du but et de la raison d’être même de cette loi à laquelle il s’efforce constamment d’obéir : obtenir, par cette obéissance, d’être considéré comme juste aux yeux de Dieu.

Derrière la réussite des païens et l’échec d’Israël, c’est le principe même de la recherche des uns et des autres qui est cause de leur séparation :
- v 32a : les païens, conscients de leur disqualification naturelle à faire partie du peuple élu de Dieu, ont pu saisir la Bonne Nouvelle que représentait le message de la justice de Dieu offerte gratuitement en Christ. La foi se présenta dès lors pour eux comme la réponse évidente et le moyen logique et unique d’accéder au salut : Ephés 2,8.
- v 32b et 33 : Israël, accoutumé dès l’origine à être un peuple choisi, eut beaucoup plus de mal à accepter en Christ l’idée de sa disqualification toute aussi totale pour le salut. S’appuyant sur la validité de ses œuvres et de ses efforts, il se heurta à Christ, la Norme par excellence de la justice de Dieu : Mat 5,20. Le passage de la mentalité issue de la loi, faite toute d’efforts et de pratiques pour être juste, à la simple acceptation par la foi d’une justice gratuite et entièrement offerte, fut un pas trop difficile à franchir pour la plupart (cf Actes 6,11).

On comprend par cet exemple les réticences et la difficulté qu’Israël connut à accepter le simple message du salut par la foi. Imaginez deux concurrents se préparant à un défi sportif. L’un mettant tous ses efforts, s’entraîne tous les jours. Il arrive, pense-t-il, prêt pour le jour de l’épreuve. L’autre, agissant comme il en a l’habitude, ne fait rien de plus pour se préparer jusqu’au jour fixé. Les deux concurrents se mettent en liste. Le premier, qui s’est préparé, échoue à quelques encablures du but. Le second a à peine le temps de commencer sa course que, déjà, il est disqualifié pour faute. A la fin l’organisateur, voyant l’impossibilité du défi à relever, décide de remettre gracieusement aux deux concurrents la coupe du vainqueur. Lequel, à votre avis, aura le plus de mal à l’accepter ? Pour qui sera-t-elle la meilleure et la plus grande des surprises ? (cf Luc 15,29 à 32)

2) Le double aveuglement d’Israël : Rom 10,1 à 13

a) un zèle sans connaissance juste : v 1 à 4

La souffrance de Paul, à la pensée de la perdition de ses frères israélites, est d’autant plus vive qu’il connaît le zèle qu’ils mettent, en tout cas pour certains, à obéir à la loi. Paul lui-même, avant sa conversion, comme le jeune homme riche de l’Evangile par exemple, faisaient partie de ce nombre : Actes 26,5 ; Phil 3,4 à 6 ; Mat 19,16 à 20. Le problème de la disqualification des juifs pour le salut ne tient donc pas au manque de motivation ou de sérieux qu’ils démontreraient dans l’application de l’obéissance aux règles de la loi, mais à leur méconnaissance de la voie et du chemin que Dieu, en Christ, leur a indiqué pour parvenir à la justice. Paul souligne ici le problème de l’insuffisance du zèle et de la sincérité des efforts fournis pour plaire à Dieu. Nous ne pouvons être agréé par Lui que par le moyen que Lui-même a choisi dans ce but. Ce n’est pas ce que l’homme pense être bon de faire pour accéder à Lui que Dieu considère, mais la réponse que l’homme donne au moyen qu’Il lui révèle dans ce but.

Si la fin poursuivie est la même, pourquoi tant d’histoires ? Dieu ne peut-Il pas considérer la fin sans regarder au moyen ? Le v 4 et les versets suivants répondent à cette question !

b) le langage de la loi : un langage contraire à celui de la foi : v 5 à 13

Bien que le but poursuivi par les observateurs de la loi semble le même que les croyants de la foi : accéder à la justice, l’esprit qui est à l’origine des deux démarches diffère fondamentalement :

1) v 5 : la justification que l’on cherche par la loi repose entièrement sur le « faire » de l’homme. Elle met en valeur ses mérites et sert donc, en priorité, sa gloire : Ephés 2,9. Le message que fait entendre l’homme qui met sa confiance dans ses œuvres pour accéder à la justice est donc le suivant : « Si je suis dans Ta présence, Seigneur, si je peux vivre ici dans ton ciel, c’est à moi et à moi seul que je le dois ! » Un tel message, prononcé par un homme habité par le péché, ne saurait avoir cours dans l’éternité.
2) v 6 et 7 : le langage que tient le croyant justifié par la foi est tout autre. Il repose, non comme précédemment sur le faire de l’homme, mais sur le « tout est accompli » du Christ ! Monter au ciel ou descendre dans l’abîme de la perdition ne repose plus sur la note bonne au mauvaise que l’homme s’attribue au regard de sa propre justice, mais sur le critère unique de notre attitude à l’égard de Christ. Il a tout fait, par Sa mort, pour nous amener à Dieu : 1 Pier 3,18 et, par Sa résurrection, pour nous sortir de la mort : 1 Cor 15,12 à 23. Aussi, c’est à Lui seul que s’élèvera, de la bouche des rachetés, le concert de louanges entonné pour leur salut : Apoc 5,9 à 14

Les avantages du mode de justification par la foi comparé aux efforts incessants devant être fournis pour être justifié par la loi sont considérables :

- v 8 à 10 : le salut n’est plus à chercher dans des hauteurs morales inaccessibles. La Parole qui sauve est venue jusqu’à nous. Elle se trouve donc dans notre proximité la plus immédiate, ne demandant que deux choses pour manifester son efficacité et son pouvoir d’action dans nos vies :
- la foi du cœur
- la confession de la bouche

C’est en effet du cœur que sort la foi, l’adhésion pleine et entière au Christ pour le salut. L’expérience de la foi reste cependant incomplète si elle ne s’accompagne pas en même temps d’une confession de la bouche. De même que l’acte de mariage, qui consacre l’union par le cœur de deux personnes, ne peut être validé sans une expression officielle et publique, la foi dans le Christ Sauveur n’a de reconnaissance céleste que dans une prise de position ouverte pour Lui ici-bas : Luc 9,26 ; 12,28-29. Si nous croyons, dit Paul, nous devons parler : 2 Cor 4,13. Comme les deux brigands placés, l’un à la droite et l’autre à la gauche du Christ, il est impossible de faire le choix de mettre en Christ son espérance sans, face au monde, exprimer notre position de façon claire à Son égard : Luc 23,39 à 43 ; voir aussi Luc 23,50 à 54 ; Jean 19,38-39. La confession publique de notre espérance est l’un des premiers fruits de la réalité de la conversion cachée de nos cœurs à Christ : Hébr 10,23 ; 1 Tim 6,12 et 13.

- v 11 à 13 : le salut est désormais accessible à tous, quels que soient son origine, son passé ou sa qualité. Le « quiconque » de ces verset est à rapprocher du « quiconque » de Jean 3,16. L’objet de notre salut se trouvant en dehors de nous-mêmes, aucun autre facteur que l’absence de foi n’est désormais exclusif : Jean 3,15 et 36.

3) La responsabilité d’Israël : l’incrédulité face au message proclamé : 10,14 à 21

Pour conclure ce chapitre consacré au rejet temporaire d’Israël du plan de Dieu, Paul souligne ici l’entière responsabilité de la nation à ce sujet. L’acte d’accusation qu’il dresse comprend deux parties :

a) v 14 à 15 : la partie défense :

Au travers de 4 questions pertinentes, Paul se fait d’abord l’avocat de la cause des perdus. Comment, dit-il :
- les hommes invoqueraient-il Celui en qui ils ne croient pas ?
- les hommes pourraient-ils croire en quelqu’un dont ils n’ont pas entendu parler ?
- les hommes pourraient-il entendre le message qui sauve si personne ne leur en parle ?
- le message qui sauve pourrait-il être proclamé si personne n’est envoyé ?

Paul définit ici les conditions spirituelles obligatoires devant être remplies pour que l’incrédulité, cause majeure de la perdition, ne puisse être tenue comme une excuse valable au jour du jugement. Il faut, pour que quelqu’un soit tenu responsable de son choix de ne pas croire :
- que le message de l’Evangile lui soit parvenu clairement
- au travers d’un témoin qualifié et envoyé par Dieu dans ce but

Paul souligne ici :
- ce qu’est la responsabilité principale des croyants dans ce monde : la proclamation de l’Evangile : 1 Cor 9,16
- l’une des conséquences inattendues de l’accomplissement de cette mission pour le monde : une culpabilité sans circonstances atténuantes au jour du jugement . Nous sommes donc à la fois une odeur de vie pour ceux qui croient, et une odeur de mort pour ceux qui restent incrédules : 2 Cor 2,15-16.

b) v 16 à 21 : la partie accusation :

Aux 4 questions de la défense, Paul, devenu accusateur, répond par 4 « Mais » qui établissent la responsabilité inexcusable des incrédules, en particulier parmi son peuple :
- v 16 : beaucoup ont entendu, mais peu ont cru et obéi à la Parole du Christ, nécessaire à la foi : v 17, qui leur avait été annoncée.
- v 18 : mais tous ont-ils entendu ? La voix des porteurs de l’Evangile est allée jusqu’au bout du monde (Si cela était vrai du temps de l’apôtre Paul, à combien plus forte raison aujourd’hui).
- v 19 et 20 : mais Israël l’a-t-il su ? Etait-il au courant du projet de Dieu de sauver même les païens au travers du message de la foi ? Paul répond par deux versets tirés :
- de la loi, par Moïse : Deut 32,21
- des prophètes, par Esaïe : Esaïe 65,1

Toute la Bible, dès l’origine, semble dire ici Paul, évoque ce projet de Dieu : cf Gen 12,3
- v 21 : S’il y a un peuple pour lequel Dieu a fait des efforts particuliers pour qu’il soit sauvé, c’est bien Israël. Mais aucun autre peuple que lui n’a fait preuve d’une pareille résistance. Les mains que Dieu tendait pour les sauver, ils les ont pris pour les clouer sur une croix : 1 Thes 2,15-16.

4) la portée partielle du rejet d’Israël : 11,1 à 10

Après avoir établi les causes spirituelles de l’exclusion de l’Israël historique du plan de Dieu depuis la venue de Christ, Paul définit ici la véritable portée de ce rejet. Dans ce temps de l’Eglise, Paul souligne les deux aspects particuliers de ce rejet par Dieu du peuple élu. Le rejet est :

a) non total, mais partiel : v 1 à 6 : Paul en donne trois preuves :

- une preuve personnelle : v 1 : lui-même est juif. Or, il n’est pas seul, en tant que membre du peuple élu de Dieu, à être entré dans la Nouvelle Alliance scellée par le sang de Jésus-Christ. La 1ère communauté, forte de 3 000 membres, était entièrement juive : Actes 2,5 à 11.41. De nombreux sacrificateurs : Actes 6,7 et plusieurs pharisiens également : Actes 15,5 étaient devenus croyants en Jésus-Christ. Qu’un juif zélé pour la loi de Moïse croit en Jésus n’était pas un cas isolé.

- une preuve scripturaire : v 2 à 4 : Paul rappelle ici la réponse faite par Dieu à Elie qui, au temps du roi Achab et de la reine Jézabel, pensait être l’unique à avoir conservé la foi véritable en Dieu : 1 Rois 19,14 à 18. Même dans les temps les plus sombres de l’histoire d’Israël, Dieu a toujours su se conserver, même dans le secret, un reste d’hommes fidèlement attachés à Lui. Ce reste fidèle est l’une des clefs de l’histoire d’Israël.

« Les jugements de Dieu dans l’histoire ne sont jamais totaux (cf le déluge, Elie, Esdras et Néhémie…). Autrement, le rapport entre ce qui est passé et ce qui est à venir serait perdu. Ce qui survient à leur suite serait différent et indépendant plutôt que continuation et progrès… Une nouvelle vie doit toujours sortir du sein du jugement ; sans cela l’unité du tout ne saurait être conservée et le futur ne saurait être organiquement lié au passé ou au présent. Telle est la signification des hommes pieux dans le monde. Dans le jugement, ils sont les agents de chaque nouveau commencement. Ils témoignent de l’unité du plan de salut de Dieu. (Erich Sauer).

- Une preuve actuelle : v 5 et 6 : un reste selon l’élection de la grâce. Ce qui est vrai pour le passé l’est aussi dans le cas présent. L’Eglise, comme nouveau peuple de Dieu, ne se construit pas en dehors d’Israël, mais sur les racines même de l’arbre ruiné : cf Luc 3,9. Ses fondements ont tous leur origine dans la nation juive : Ephés 2,20. Même la nouvelle Jérusalem portera en elle les noms des douze tribus d’Israël, comme des douze apôtres juifs de l’ Agneau : Apoc 21,11 à 14. L’affirmation, soutenue dans le passé par l’église catholique et dans le présent par les témoins de Jéhovah, selon laquelle le peuple juif a été, depuis la venue du Christ, définitivement mis à l’écart, est donc sans fondement.

Israël est, depuis la venue du Christ, plus que jamais séparé en deux camps : Rom 11,7 à 10. Les uns, ayant reçu la grâce, sont les vrais élus de Dieu : v 6 et 7. Les autres, demeurés obtus, l’ont refusé, et sont devenus sourds et aveugles : v 8.

b) non définitif, mais temporaire : v 11 à 24 :

La continuité étant le propre de toute l’œuvre de Dieu, le rejet et la mise à l’écart d’Israël en tant que peuple de Dieu ne peuvent être que temporaire. Aussi, avant de parler de l’avenir glorieux qui attend la nation juive, Paul adresse un triple enseignement sur les conséquences qu’a eu son rejet pour les païens :

1) 1er effet : une bénédiction : v 11 à 16 :

Déjà en Son temps, Jésus avait prévenu les responsables de la Nation. Si les juifs, dans leur majorité (surtout les responsables) Le rejettent comme Messie, la porte de la grâce se fermera pour eux et s’ouvrira pour les païens : Mat 21,33 à 43 . Les premiers invités à la table du royaume de Dieu étaient les juifs et les derniers les païens. Mais comme les premiers n’ont pas voulu répondre à l’invitation, ce sont les derniers qui occuperont leur place : Mat 22,1 à 14 ; Luc 13,23 à 30. Le zèle de Paul pour répandre l’Evangile parmi les païens a, entre autres, aussi pour but de provoquer, dit-il, la jalousie de son peuple, ce qui, à maintes reprises, ne manqua pas de se produire : Actes 13,44 à 52.

2) Un avertissement : v 17 à 21 :

Le fait pour les païens d’avoir eu part à l’Evangile ne devrait pas cependant leur faire oublier tout ce qu’ils doivent à Israël. En effet, jusqu’avant la venue de Jésus-Christ, les païens étaient étrangers aux alliances faites entre Dieu et Son peuple : Ephés 2,12. Jésus même, bien qu’Il soit venu en tant que Sauveur du monde, se consacrait en priorité au salut des brebis perdues d’Israël : Mat 10,6 ; 15,24. Israël est et reste ici-bas le « fils » légitime de Dieu : Osée 11,1. Si donc, à cause de son endurcissement : Rom 11,25, une grande partie du peuple originel de Dieu a été mis à l’écart, les païens, objet de Sa grâce, feraient bien :

- de rester humbles face à l’Israël déchu : v 17 et 18. L’olivier naturel : Jér 11,16, ou la vigne qui faisait la joie de Dieu : Esaïe 56,1-2, c’est d’abord Israël. Si les païens profitent des bénédictions d’Abraham (la racine) et sont nourris de la sève de vie qui en découle (le Saint-Esprit), ce n’est purement que grâce pour eux : Gal 3,6 à 9. La logique, en arboriculture, n’est pas de greffer les branches d’un arbre sauvage sur un arbre sain, mais l’inverse. Mépriser Israël, c’est, pour les païens convertis à Jésus-Christ, s’attaquer à l’arbre qui porte la branche sur laquelle ils sont assis !

- de craindre Dieu : v 20 à 21. Car si Dieu n’a pas épargné les membres naturels de Son peuple, à combien plus forte raison n’épargnera-t-Il pas ceux qui, ayant reçu l’Evangile parmi les nations, feront preuve de la même attitude d’orgueil et de suffisance par laquelle Israël a péché contre Lui. Bien que mis à l’écart du plan de Dieu, Israël est le moyen par lequel Dieu teste l’attitude des nations à Son égard. L’éloignement de Dieu, la perte de la conscience de tout ce que les nations christianisées Lui doivent, se traduit inévitablement par l’antisémitisme, une attitude d’hostilité envers le peuple qui ici-bas Le représente.

3) une conclusion : v 22 à 24 :

Paul tire de l’histoire du rejet d’Israël et de l’intégration des païens comme membres du peuple de Dieu à leur place, une double leçon, valable pour tous, sur la nature de Dieu. Dieu, dit-Il, (et nous ne devons jamais L’oublier) est à la fois un Dieu de bonté et de sévérité : v 22 :

a) bonté : pour deux raisons majeures :
- parce que l’homme le plus indigne peut, à l’image des païens, être l’objet de Sa grâce et faire ainsi partie intégrante du peuple de Dieu : v 22b ; Ephés 2,13
- parce que le fils le plus rebelle, s’il se repend, peut, à l’image d’Israël, retrouver la place qui est la sienne dans la maison et parmi la famille de Dieu : v 23 ; Esaïe 54,5 à 8 ; Jér 3,12 à 15 ; Ezéchiel 18,21 à 23

b) sévérité : pour deux raisons majeures :
- parce que l’homme le plus privilégié peut, à l’image d’Israël ou du croyant en Jésus-Christ, s’enorgueillir, rejeter Dieu et oublier toute la bonté dont il a été l’objet de Sa part : Jérémie 2,4 à 7. Il tombe alors sous le coup de Sa colère : Ezéc 18,24. La sévérité de Dieu devient alors le moyen par lequel Il nous ramène à Lui, nous rappelant tout ce que nous devons à Sa bonté : Hébr 12,5 à 11.

La leçon principale de l’histoire est, comme le montre par ailleurs toute l’Ecriture, qu’il y a en Dieu, le Dieu d’Israël, beaucoup plus de dispositions à faire grâce qu’à punir : Exode 34,6 à 7. Toute l’histoire d’Israël sera la démonstration de la justesse des enseignements contenus dans Son Nom . Notre Dieu est un Dieu lent à la colère et riche en bonté et en fidélité : Ps 86,15 ; 103,8 ; Esaïe 61,2.

C) La restauration d’Israël : la source future d’une bénédiction universelle : Rom 11,25 à 36

Ce qui n’était encore qu’une supposition au v 23 devient, sous la plume de l’apôtre Paul, une certitude au v 25. Paul confirme donc ici l’enseignement qu’il vient de donner plus haut. L’endurcissement d’Israël, sa mise à l’écart du plan de Dieu, est bien partielle et temporaire. L’apôtre qualifie de 4 façons le phénomène de sa réintégration :

1) elle sera la richesse du monde : Rom 11,12.

Quelles qu’aient été les bénédictions reçues par le monde par la mise à l’écart d’Israël, elles ne sont rien en comparaison du jour où la nation entière se convertira à Jésus-Christ : Zach 12,10. Par la désobéissance de Jonas, seuls quelques marins païens connurent Dieu : Jonas 1,16. Par son obéissance, ce fut une ville entière de 120 000 hommes au moins qui furent sauvés : Jonas 4,11. Un phénomène de même ampleur se produira, lors du retour à Dieu et de la conversion à Christ de toute la nation juive : Zach 8,21 à 23.

2) elle est un mystère : Rom 11,25

Un mystère est, dans la Bible, une vérité obscure de la Parole jusqu’au moment où, le temps arrivé pour qu’elle se réalise, elle s’éclaire. la Bible parle ainsi de plusieurs mystères : celui du royaume de Dieu : Marc 4,11, de la volonté de Dieu : Ephés 1,9, de l’enlèvement de l’Eglise : 1 Cor 15,51, de l’iniquité : 2 Thes 2,7, de l’Evangile : Ephés 6,19, de la piété : 1 Tim 3,16, de Babylone : Apoc 17,5… La réintégration d’Israël comme nation dans le plan de Dieu fait ainsi partie des évènements qui ne sont ni planifiables, ni prévisibles par la raison humaine. Elle se produira, dit l’apôtre, le jour où « la totalité des païens devant entrer dans le royaume » (le nombre des croyants d’origine païenne devant se convertir pendant la période de l’Eglise) aura eu lieu. Le fils prodigue ayant rejoint la maison, c’est vers le fils aîné que le père va se tourner pour le faire entrer : Luc 15,29 à 32. Le temps des nations accompli, le temps d’Israël pourra recommencer : Luc 21,24.

3) elle sera entière : v 26 :

Alors que le rejet d’Israël aura été partiel, sa réintégration sera, quant à elle, entière. Elle se réalisera, selon les promesses de la Parole : Esaïe 59,20-21, au jour même du retour de Jésus : Zach 12,10 à 13,1.

4) elle sera l’expression la plus magnifique de la grâce de Dieu : v 28 à 32

Tous reconnaîtront alors, païens comme juifs, que leur présence dans le royaume de Dieu n’est due ni à leurs mérites, ni à leurs privilèges, mais à l’unique grâce de Dieu.

Conclusion : Rom 11,33 à 36

La conclusion de l’apôtre Paul sur l’histoire d’Israël et des nations n’est faite ni de lamentations, ni d’amertume (sentiments qui pourraient être les nôtres en regardant les choses de façon horizontale uniquement). Elle est empreinte, au contraire, d’un triple sentiment :

- étonnement d’abord : v 33 : Dieu dépassera toujours tout ce que la raison humaine et l’intelligence peuvent comprendre
- petitesse : v 34 et 35 : l’apôtre Paul réalise les limites de sa pensée face à celle de Dieu et la stupidité de l’homme qui veut le mettre en question ou Lui demander explication pour Ses actes
- adoration enfin : v 36 : De Lui procède tout, par Lui se réalise tout, pour Lui sont toutes choses. Telle sera la conclusion finale de l’histoire ! A Lui soit toute la gloire !